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Farimbona PEV N°5 - Ny asa fanaovan-gazety

Farimbona PEV N°5 - Ny asa fanaovan-gazety

Thème : « Rôles des médias dans la consolidation de la paix en période électorale »

Mois de production : Août 2018

Invités en studios :

  • Mr Rufin RAKOTOMAHARO : Journaliste expérimenté et formateur
  • Mr Miary RASOLOFOARIJAONA : Secrétaire général de l’OJM

 

 

                      PARTIE I :

« Sources et fondements des incidents passés »

 

 

  • " Une nouvelle fois, les journalistes et les responsables des différents médias malgaches vont signer une charte d'engagement dans la perspective des élections. Lors des précédentes élections, cette charte initiée par la CENI le SNU, le SACEM et l'Ordre des journalistes est restée lettre morte. Pourquoi ne parvient-on pas à Madagascar à garantir une couverture honnête et équilibrée des élections ? Quels sont les freins ?

 

Mr Ruffin RAKOTOMAHARO : Cette charte est mise en surface à chaque période électorale afin de rappeler l’éthique et la déontologie du métier de journalisme en période électorale. Une des raisons pour laquelle les journalistes n’arrivent pas à assurer une couverture honnête et équilibrée des élections est qu’il y a :

  • d’un côté les journalistes issus des mass médias publics ; et de l’autre ceux du privé. Leur statut en tant que fonctionnaire ou encore sous l’ordre d’un privé appuyant un candidat ont un impact sur leur comportement et le contenu des informations qu’ils diffusent.
  • Des mass médias qui appuient tel ou tel candidat et leur communication est centrée sur ça.

Mais, quelle que soit la position de la station, les journalistes qui y travaillent doivent : fournir et garantir la véracité des informations qu’ils diffusent. Ces informations doivent être recoupées et diffusées à temps et en temps réel. Un vrai journaliste est celui qui agit avec professionnalisme et ne démontre pas des sentiments.

  • Monsieur Miary RASOLOFOARIJAONA, suivant ces faits que monsieur Rufin RAKOTOMAHARO a pu mettre en exergue, quand et quel est pour vous la source des incidents du passé ?

 

Mr Miary RASOLOFOARIJAONA : Suite à la réouverture du métier et du monde de journalisme après la deuxième république, cela a fait appel à des actions d’apprentissages venant des journalistes ; ces actions qui sont jusqu’à maintenant en cours. Le renforcement de compétence prendra du temps, mais les avancées technologiques sont là pour accélérer l’amélioration du secteur vu que des échanges et des comparaisons de compétences sont désormais possibles.

 

  • Peut-on dire que le manque de compétence des journalistes a un rôle dans la naissance de crise ?

 

Miary RASOLOFOARIJAONA : Ce n’est pas que les journalistes manquent de compétence ; mais plutôt cette vulgarisation de culture de la paix qui manque en eux.

Rufin Rakotomaharo : Oui, en une partie, le métier de journalisme a un rôle dans la naissance de crise ; mais du point de vue général non même s’il y a des actions de critique. Les journalistes sont là pour mener à l’état de conscience et d’analyse les consommateurs d’informations sur différents sujets (la corruption, le verdict populaire, le détournement de fonds public,) et quand ces informations sont de trop, c’est là que surgit la révolte populaire ; mais ce n’est pas les journalistes qui                ont mené les citoyens à révolter. D’où ma présente affirmation que dans la diffusion de l’information pas un journaliste, il ne faut pas émettre du sentiment. Ce n’est pas la couverture médiatique de la période électorale qui entraîne ou pas la crise, mais plutôt l’état d’esprit des consommateurs d’informations et de chaque politicien. Mais il est à noter qu’il y a un fait où vraiment, les journalistes sont responsables de la naissance d’une crise. Ce fait de ne pas équilibrer les mots utilisés dans les émissions, qui deviennent une étincèle allumant des tensions politiques et sociales.


 
 

 

                      PARTIE II :

« Formes de violence électorales dans les médias, par les médias »

 

Micro-trottoir :

La question :

  • Est-il possible de définir les formes de violences électorales exercées par et dans les médias ?

 

  • Journaliste 1 : Il y a des menaces allant à l’encontre des journalistes venant des candidats et de ses partisans.
  • Une partie des propriétaires de médias sont complices avec des candidats et certains candidats versent même des fonds et ont des mots à dire, d’où la pression et la diffusion d’informations non vérifiées et contraires à l’éthique.
  • Journaliste 2 : Nombreuses sont les formes de violences électorales liées au monde du journalisme. Il y a par exemple la diffusion d’informations conduisant à la guerre ethnique. Il y a aussi des actes de diffamations à l’encontre d’autres candidats perpétrés par les politiciens sous le canal des mass médias.
  • Journaliste 3 : Il y a le pot-de-vin donné aux journalistes. Des politiciens ont aussi tendance à donner indirectement des ordres aux journalistes sur le choix des informations à diffuser ou pas. Il y a aussi des stations qui ne doivent pas faire de la politique, d’où leur impossibilité d’avancer des opinions liées à la situation politique.
  • Journaliste 4 : Il y a trois sortes de violences : physique, morale (menaces, marginalisation…) et administratif (non-respect des lois) et qui sont toutes vues dans le monde du métier de journalisme. Un cas concret est que le propriétaire de la station à une couleur politique et les émissions diffusées sont faites pour pousser tel ou tel candidat. D’où une orientation involontaire du choix des journalistes qui y travaillent. Il y a aussi la non-prévention d’un foyer de tension.

La question :

  • La situation actuelle des médias peut-elle évoluer positivement ?
  • Journaliste 1 : Oui, mais cela nécessite la contribution de chacun. D’un côté, le journaliste qui est le principal acteur du monde médiatique. Il y a aussi les différents responsables des médias y compris les patrons, ils ont une responsabilité sur le contenu de la ligne éditorial. D’un autre côté, les fournisseurs d’informations ou de nouvelles sont aussi responsables dans la garantie de l’évolution positive de la situation actuelle des médias.
  • Journaliste 2 : Oui, si on offre des formations aux journalistes avant pendant et après l’élection pour un rappel et aussi favoriser l’échange entre les journalistes sur les difficultés ou pièges liés à la loi régissant l’élection. La situation des médias aussi peut s’améliorer si on favorise la liberté d’expression.
  • Journaliste 3 : C’est possible si les politiciens savent mettre au même niveau les médias dans leur campagne. Mais aussi laisser ressortir la compétence des journalistes dans l’élaboration du contenu des informations à diffuser.
  • Journaliste 4 : Actuellement, il y a les journalistes sensibles aux conflits. Ces journalistes ont reçu des formations spéciales sur les techniques de gestion de conflits ; il y a aussi la coalition des radios pour la consolidation de la paix à Madagascar. Un renforcement de ces structures et personne contribuerait à l’amélioration de la situation des médias, car elles ont une technique d’approche spécifique en tant qu’acteur de la paix.

Intervenants

  • Les journalistes dénoncent pour une grande majorité d'entre eux la partialité des supports. Les médias sont majoritairement sous influence. Comment dans ces conditions faire confiance aux informations qu'ils donnent ?

 

Miary RASOLOFOARIJAONA : J’incite les consommateurs d’informations à bien penser, car les informations diffusées par les journalistes ne sont pas toutes vraies. Il serait bien pour les citoyens de consulter une diversité de mass médias et doser les informations, car de nos jours le secteur médiatique connaît un handicap avant d’atteindre le vrai professionnalisme ; alors, soyez vigilant. En tant que co – citoyen, un échange et une discussion doit aussi avoir lieu même entre simple citoyen et journalistes.

  • Faut-il revoir, comme cela a été envisagé dans les lois électorales qui n'ont pas été adoptées, le cadre légal du traitement des informations relatives aux élections ?

Miary RASOLOFOARIJAONA :    Il est plutôt nécessaire de renforcer le contenu et l’application. Ce renforcement sera à titre de rappel et regroupera tous les acteurs du secteur. Le refaire serait une perte de temps, mais on peut revoir et rectifier les points qui sont flous dans le contenu.

 

 

 


 

                      PARTIE III 

 

« Quelles sont les règles pour éviter ces violences et les responsabilités des citoyens par rapport aux médias »

  • Miary RASAOLOFOARIJAONA nous avons beaucoup parlé des journalistes. Mais derrière les rédactions il y a les éditeurs. En clair les propriétaires des supports. Pouvez-vous nous dire qui sont-ils ? Pourriez-vous nous rappeler le cadre légal auquel ces médias se réfèrent pour exercer leurs activités ?

 

Miary RASOLOFOARIJAONA : le premier responsable étant le journaliste de terrain. Ce dernier oriente son activité selon la directive de l’équipe de rédaction. Une fois les informations recueillies, elles passent devant l’équipe de rédaction pour vérification du contenu de ce qui a été prescrit, puis vers le chef de rédaction et le directeur de publication pour la validation principale. S’il y a un propriétaire et/ou patron de presse, ce dernier a son mot à dire sur le choix de la diffusion ou non.

La première chose qui régit le métier de journaliste étant la conscience du journaliste (un travail fait pour l’intérêt propre d’un tiers ou pour l’intérêt commun).

L’un des faits qui peut assurer la diffusion ou pas des informations étant des partenaires et les investisseurs.

Avant d’arriver à la loi, il y a le code de la communication médiatisée dont le décret a déjà été promulgué. Suite à cela, il y a le code de l’éthique et déontologie qui énonce les règles qui régissent le monde du média. Le décret d’application pas encore été promulgué, car il a connu une réactualisation en 2017 -2018. Au final, il y a la compétence professionnelle.

 

  • La réforme de la loi sur la liberté de la presse fait porter en grande partie la responsabilité des poursuites sur les journalistes. N'est-ce pas là une manière de pression sur eux ?  

 

Rufin RAKOTOMAHARO : Là on parle du code de la communication médiatisée. Il y a une partie qui a changé et a supprimé les lignes qui ne favorisent pas la liberté du secteur médiatique. La seule partie qui est considérée comme moyen de pression étant la prescription des différentes amandes qui s’élève à une somme énorme. Le paiement de cette amende peut mener vers la fermeture de la boîte. A mon avis, ce code n’a pas été élaboré pour faire la pression aux journalistes, mais de coordonner selon la loi et les besoins de la société les acteurs du secteur médiatique. C’est-à-dire vers une bonne et meilleure coordination et une professionnalisation. Comme toutes les lois, il y a une partie pour et une partie contre. Le gap dans ce code étant la non-insertion de la cybercriminalité, et s’il y a une modification à faire c’est d’insérer la loi sur la cybercriminalité dans ce code. Cela peut améliorer la qualité du secteur des médias. Il est à rappeler que la meilleure protection pour un journaliste est la protection des consommateurs de l’information et le respect de l’éthique et déontologie.

 

  • Messages

 

Ruffin RAKOTOMAHARO : Les journalistes, nous devons maîtriser le processus électoral. Nous sommes responsables des informations que nous diffusons s’il y a des crises post électoral, car c’est à partir des informations que nous diffusons que peuvent être la source. Soyons des citoyens journalistes responsables des informations que nous diffusons afin d’éviter une nouvelle crise postélectorale. Faisons attention et allons prouver que nous sommes des journalistes compétentes et professionnelles.

Miary RASOLOFOARIJAONA : N’accepter pas d’être politisé, car l’élu ne vous prendra pas comme son bras droit. Et si par les actions de ce dernier s’avèrent négatifs, les citoyens se souviendront de vous qui avez soutenu ce candidat. C’est à de telles périodes que les journalistes peuvent démontrer notre part de responsabilité et assurer les rôles attribués. Nous sommes les correcteurs, transmetteur d’aspiration des citoyens et autres acteurs, et en plus, un premier pouvoir, car si on ne donne pas la parole alors rien ne sera communiqué. Nous sommes aussi responsables du cas échéant en cas de violence dans le contexte social.

Pour les consommateurs d’informations, filtre et équilibre les informations que nous diffusons. Échangez entre vous et même, vous pouvez aussi discuter avec nous.