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Farimbona PEV N°6 - Ny tambajotran-tserasera

Farimbona PEV N°6 - Ny tambajotran-tserasera

Thème : « Réseau sociaux dans le contexte électoral, que faire pour préserver la paix ?»

Mois de production : Septembre 2018

Invités en studios :

  • Monsieur RAKOTONDRAZAKA Fano: Rapporteur auprès de la CENI
  • Monsieur RAKOTOMALALA Setra: Bloggeur


PARTIE I :

« Etat des lieux »

 

 

  • Vous travaillez quotidiennement dans le monitoring des médias dont les réseaux sociaux : pourriez-vous nous faire un état des lieux des réseaux sociaux comme foyer de tension.

Madame Mirana RAZAFINDRAZAKA :  

A Madagascar, le nombre d’utilisateur des réseaux sociaux ne cesse d’augmenter. En 2015, une étude portant sur l’analyse de l’usage des réseaux sociaux, surtout des groupes de discussion sur facebook a été menée par l’UMM. Les résultats de cette étude sont les suivant :

  • La majorité des discussions et des débats étaient en Malgache
  • 20% des publications dans les groupes de discussion sur facebook sont provocatrices
  • Nombreuses sont les politiciens qui utilisent facebook. Ces politiciens font en moyenne 10 postes par année. Leur diffusion se porte sur leur vie privée, la politique étrangère et la situation de conflit.
  • Le nombre de propos diffamatoire diffusé par les politiciens était peu.
  • Il y a moins de compte fake.

Situation actuelle (2018)

  • Une déclaration officielle du décembre 2017 a annoncé qu’il y a 1 900 000 internautes à Madagascar. 1 700 000 de ces 1 900 000 internautes utilisent facebook et 200 000 non.
  • Pour ce qui est de l’usage de facebook par les politiciens, par rapport aux nombres de diffusions de 10 postes en 2015, l’usage de facebook par ces derniers est devenu très dynamique. Ils ne se contentent plus de créer des pages ni de groupe mais utilisent même des comptes individuels. Ces comptes individuels sont très suivis et trois comptes individuels de politiciens comporte la fonction « s’abonner »
  • Les propos diffamatoires diffusés par les politiciens sont nombreux et se présentent sous plusieurs formes : montage de photos, les chansons de dérision.
  • Le nombre de fausse page, compte fake, discours de haine et discriminatoire est en hausse. Cela accentue l’incitation à la violence surtout du côté des partisans adversaires.
  • Pour vous au niveau de la CENI, quels impacts sur le bon déroulement des élections cela peut-il avoir ?

Monsieur RAKOTONDRAZAKA Fano : Les publications et les discussions sur facebook n’ont pas d’impact sur le déroulement du processus électoral, précisément sur le chronogramme. Mais par contre, la propagation de fausses nouvelles ou des propos diffamatoires sur les réseaux sociaux entraîne une instabilité de l’opinion publique, ce qui ne favorise pas l’adhésion des citoyens à l’élection.

  • A Madagascar, y-a-t-il des moyens ou des personnes qui se penchent sur le monitoring des productions mises en ligne sur les réseaux ?

Monsieur RAKOTOMALALA Setra : A Madagascar, à ma connaissance, il n’y a pas. A l’étranger, oui. L’exemple le plus concret est celui du post élection en Etat Unis en 2016. Suite à la diffusion des rumeurs, Facebook a fait recours à une organisme qui opère dans les FACT CHECKING.

Monsieur RAKOTONDRAZAKA Fano : A Madagascar, c’est toujours le cas du médecin après la mort.Ce n’est qu’après les incidences qu’on prend des mesures et dispositions.

  • Des moyens pour corriger les excès des réseaux sociaux n’existent pas encore alors à Madagascar ?

Monsieur RAKOTOMALALA Setra : L’essentiel c’est de lutter contre la viralité et la propagation de la fausse information. Pour cette période de l’élection, les responsables et autorités publics doivent être réactif et réfuter les fausses publications 30 minutes après  la diffusion au plus tard.

Monsieur RAKOTONDRAZAKA Fano : Il faut avoir le minimum de prudence. Chacun doit être conscient de l’impact de ce qu’il diffuse ou partage. Il faut toujours procéder à une vérification et recoupement des informations.

  • Pensez-vous que les utilisateurs de ces réseaux sociaux sont conscients des responsabilités qui sont les leurs quand ils publient de fausses informations sur les réseaux sociaux ?

 Monsieur RAKOTOMALALA Setra : Il est possible qu’il y ait des personnes qui trouvent du plaisir à semer le chaos en incitant à la violence mais la responsabilité revient à chacun que ce soit à l’émetteur de l’information ou au récepteur. C’est une éducation civique sur l’usage de l’internet. Il faut se méfier de tout ce qu’on voit ou on entend car tout n’est pas vrai. Se référer aux sites et pages officielles est le bon geste à adopter.

Monsieur RAKOTONDRAZAKA Fano : Les réseaux sociaux sont captivants. Le partage d’informations est devenu une compétition et les citoyens ne pensent plus à vérifier les informations qu’ils reçoivent.
 
 

 

                   

 PARTIE II :

 « Les règles et lois existantes »

 

En 2014, la Société civile a signé un communiqué pour lutter contre la loi contre la cybercriminalité.

Le service de la lutte contre la cybercriminalité a été créé en 2016 auprès de la gendarmerie nationale/ Division de la cybercriminalité.

Micro-trottoir :

La question :

  • Est-ce que les informations sur l’élection diffusées sur facebook sont tous vraies ?

 

Quatre personnes interviewées ont répondu que les informations sur l’élection diffusées sur facebook ne sont pas vraies. Les raisons étant les suivantes : Il y a

  • des personnes qui y trouvent du profit à semer la zizanie
  • des comptes fake, et les utilisateurs de ces comptent peuvent dire n’importe quoi
  • les informations diffusées n’ont pas fait l’objet de vérification et recoupement

 

  • Y a-t-il des actions interdites dans l’usage de facebook ?

Oui, si on ne cite que :

  • la diffusion d’images pornographiques, les rumeurs, les photos de vie privée
  • la diffusion de propos diffamatoire et les injures à l’endroit d’autres candidats

Bref, Chacun doit respecter le choix des autres.

C’est l’article 20 de la Loi n°2014-006 qui avance la lutte contre la cybercriminalité à Madagascar (L’injure ou la diffamation commise envers les Corps constitués, les Cours, les Tribunaux, les Forces Armées nationales ou d’un Etat, les Administrations publiques, les membres du Gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire, les fonctionnaires publics, les dépositaires ou agents de l’autorité publique, les citoyens chargés d’un service ou d’un mandat public, temporaire ou permanent, les assesseurs ou les témoins en raison de leurs dépositions, par les moyens de discours, cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans les lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par le biais d’un support informatique ou électronique, sera punie d’un emprisonnement de deux ans à cinq ans et d’une amende de 2.000.000 Ariary à 100.000.000 Ariary ou l’une de ces peines seulement)

La loi n°2016-031 est une loi rectificative de la Loi n°2014-006 https://www.orange.mg/actualite/modifications-apportees-sur-loi-sur-lutte-contre-cybercriminalite-validee-par-hcc

  • Pourriez-vous nous rappeler les règles qui régissent les publications sur les réseaux sociaux

Monsieur RAKOTOMALALA Setra : La base est notre règle de politesse quotidienne dans la réalité. La fait de se cacher derrière l’écran empêche les citoyens de penser que les actions qu’ils font sur les réseaux sociaux sont extrapolables sur leur vie réelle. De ce fait, les sanctions sont les mêmes. Tout comme en cas d’atteinte à la vie privé, les diffamations ,…sur les réseaux sociaux ou dans la vie réelle la victime peut porter plainte.

  • Quelles sont les limites des contenus mis en lignes dans le cadre électoral

Monsieur RAKOTONDRAZAKA Fano : La loi organique 2018-008, article 57 portant sur la conduite des campagnes électorales et de l’élection énonce

- le respect de l’unité nationale et de l’esprit du Fihavanana Malagasy ;

- le respect de l'intégrité de la vie privée et des données personnelles des candidats ;

- la non-incitation à la haine et à la discrimination ;

- la préservation de l’ordre public.

En ce qui concerne le respect de l’intégrité de la vie privée, il faut bien le différencier de la biographie des candidats.

  • Qui constate les infractions ?

Monsieur RAKOTONDRAZAKA Fano : Ce sont les différents acteurs de la justice qui punis à travers les lois existantes. Tout le monde est responsable en ce qui concerne la constatation des infractions. Dans le cadre de l’élection, en ce qui concerne l’attribution de la CENI, on ne peut faire que l’appel à l’ordre précédé d’une éducation citoyenne. Si la situation dépasse la compétence de la CENI, on fait recours à la cour de justice. Auprès de la CENI, il y a un service qui assure le suivi des informations diffusées sur tous les canaux de communications.


 

PARTIE III 

« Les bonnes pratiques pour la paix »

 

  • Tout ce qu’on voit sur les réseaux sociaux n’est pas forcement la vérité ou bon à partager, comment savoir ?

Monsieur RAKOTOMALALA Setra : Il faut être sceptique, vérifier la source de l’informations.

Monsieur RAKOTONDRAZAKA Fano : Les citoyens sont invités à être un citoyen responsable et conscient de l’importance des informations qu’il publie et qu’il reçoit. La CENI est une source d’informations, pour la vérification des informations non sûres, contacter la CENI au 034 49 602 05.

 

  • Quels sont les bons gestes à faire et qu’est-ce qu’il faut éviter pour préserver la paix ?

Il faut toujours consulter les sites officiels (exemple : sur ce qui concerne la peste, veuillez consulter la page du ministère de la santé…) Et les responsables de ces sites ou les personnes et entités victimes de diffamation doivent réfuter au plus vite les fausses informations. Il faut se méfier des discussions dans les groupes.

 

  • Comment nos auditeurs peuvent aider la CENI ?

Un échange et un partage d’informations entre la CENI et les citoyens sont encouragés. Ce partage de ne doit pas rester entre les citoyens et le bureau central mais aussi à travers les branches de la CENI au niveau des régions, districts, communes et fokontany. La CENI est ouverte pour toutes suggestions et critiques constructives. « Les internautes, choisissez bien les vocabulaires que vous utilisez. »

Message :

Monsieur RAKOTOMALALA Setra : Il faut utiliser les réseaux sociaux à de bonne fin : bien l’utiliser dans les échanges démocratiques, à communiquer directement avec les citoyens pour les responsables d’Etat…, favoriser la redevabilité et l’équilibre sur la perception citoyenne des différents candidats.

« tout ce que vous voyez n’est pas forcement vrai, n’est pas forcement bon à partager »