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Revue de presse du 9 mai 2019  

Revue de presse du 9 mai 2019   

 

Suite à la lettre ouverte adressée par le président de la Chambre Haute, Rivo Rakotovao au ministère de la Communication, dénonçant une censure volontaire des informations sur son institution dans les médias publics, les réactions fusent et ont été largement rapportées par les journaux. En marge de cela, les candidats aux législatives continuent de battre campagne. 

 

Processus électoral

 

LISTE ELECTORALE BIENTOT SOUS FORMAT BIOMETRIQUE

Un cadre de concertation en vue du basculement de la liste électorale sous format biométrique s’est tenu, hier, à Nanisana. La Commission Electorale Nationale Indépendante et le Veridos, organisme rattaché au gouvernement allemand, expert en données biométriques vont collaborer sur la concrétisation de ce projet qui portera sur une durée de six à un an. Ainsi, tous les fokontany de Madagascar, actuellement au nombre de 18 251, en bénéficieront. Le président de la CENI, Hery Rakotomanana a par ailleurs expliqué que ce projet ne sera à la charge ni de son organisation, ni de l’Etat malgache. « Ce sera une clé en main », assure-t-il et d’ajouter que la recherche de financement incombera à la CENI et à Veridos. Une étude aurait déjà été effectuée par l’organisme allemand qui aura également à assurer l’installation du système. Il accompagnera ensuite le processus, avec l’appui du gouvernement allemand, selon toujours les dires de Hery Rakotomanana. (Midi Madagasikara p. 19) L’assistance présente au cadre de concertation, a soulevé la question de la sécurisation de la liste électorale par le biais d’empreinte digitale et de reconnaissance faciale. Le président de la CENI a précisé que le passage au biométrique permettra de redresser plusieurs défaillances relevées lors des dernières élections. Aussi, la carte électorale pourrait s’avérer ne plus être nécessaire. Quoiqu’il en soit, il apparaît que de nombreuses dispositions doivent être prises avant de pouvoir entamer les démarches. Selon les explications du numéro un de la CENI, la signature d’un protocole d’accord entre Madagascar et l’Allemagne pourrait s’avérer nécessaire aussi bien qu’un réaménagement majeur des dispositions des textes électoraux. (L’Express de Madagascar p.3 ; Les Nouvelles p.2 ; Madagascar-Laza p.3 ; La Gazette de la Grande Ile p.7 ; La Vérité p.2)

 

OBSERVATION ELECTORALE : L’UNION EUROPEENNE APPUIE A HAUTEUR DE 520 000 EUROS

L’Observatoire des élections au cœur de la démocratie participative ou SAFIDY a signé hier un contrat de subvention de 520.000 euros financée par l’Instrument européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme- IEDDH. Les actions du projet de l’Observatoire SAFIDY contribueront à la tenue d’élections législatives et communales crédibles et acceptées par tous. Il sensibilisera particulièrement les jeunes et les femmes à participer activement à l’observation des élections législatives et communales ainsi qu’à l’éducation électorale. Ainsi, le champ d’action du consortium d’Organisation de la société civile qui porte le projet SAFIDY s’élargira afin de couvrir environ 50% des électeurs du pays répartis dans 41 districts de 14 régions dont Amoron’i Mania, Vatovavy Fitovinany, Haute Matsiatra, Anosy, Androy, Atsimo Andrefana, Menabe, Boeny, Analamanga, Alaotra Mangoro, Diana Sava, Analanjirofo et Atsinanana. L’observation sera basée sur un dispositif combinant le travail de 5000 observateurs, d’un centre d’appel et de saisie des données, d’un centre de traitement des informations collectées et d’un centre de veille pour la prise de décisions rapides engageant plusieurs acteurs électoraux comme la CENI, les forces de l’ordre, la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme et le projet d’appui à la prévention des violences électorales. (Midi Madagasikara p.19 ; Les Nouvelles p.2)

 

TAUX DE PARTICIPATION AUX ELECTIONS : FAIBLE ENGOUEMENT DE LA POPULATION SELON L’OHT

Hery Raharisaina issu de l’Olona Hasin’ny Tany ou OHT craint qu’il n’y ait qu’un faible taux de participation aux prochaines législatives. Selon lui, à une dizaine de jour du scrutin, on constate que la population ne se sent pas totalement concernée. Il estime de ce fait que la société civile et les partis politiques devraient prendre le problème à bras le corps en renforçant la sensibilisation. (Madagascar-Laza p.2)

 

REVISION DU FORMAT DE LA LISTE ELECTORALE

La taille de la liste électorale sera réduite pour le scrutin à venir. En effet, si la liste utilisée durant la présidentielle pouvait contenir 20 noms, la nouvelle liste aura l’allure d’un livret avec une taille A4 et ne contiendra que 12 noms par page. Selon la Commission électorale, cette situation est due à la limitation du temps à disposition, outre le fait que le papier spécialement conçu pour l’impression de la liste fait défaut. La CENI assure cependant qu’il ne s’agit pas de modifier la base de données électorale ou le fichier électoral, mais seulement d’en modifier le format. (Le Quotidien p. 3)

 

LEGISLATIVES : CONSTATS SUR LE DEBUT DE LA CAMPAGNE

La Gazette de la Grande Ile émet une réflexion sur le déroulement de la campagne électorale en mettant en avant la différence de moyens utilisés par les candidats. Si certains dépensent des millions d’Ariary, certains ne trouvent même pas de moyens pour imprimer des affiches. D’ailleurs, les grands moyens mobilisés par certains candidats mènent à se poser des questions sur leurs provenance et renforcent la conviction selon laquelle le contrôle en la matière doit être renforcée, interpelle le journal. Concernant le nombre important d’artistes se présentant aux élections, le journal lance que le président de la République fait tout pour gagner la majorité au Parlement et déplore que les affaires d’Etat deviennent un show. Bientôt, on ne verra plus que des DJ, des artistes, des animateurs et des comédiens au Parlement, s’insurge le journal (p.7) La Vérité a également dressé son constat pour ces premiers jours de campagne et affirme que bon nombre de prétendants aux sièges de Tsimbazaza infantilisent l’électorat. Aveuglés par le pouvoir, « ils mentent effrontément » à la population, lui promettant la réhabilitation de telle ou telle infrastructure, selon le quotidien. (p.2)  

 

Dynamique politique

 

REFLEXIONS SUR LES RELATIONS ENTRE LE PRESIDENT RAJOELINA ET LE NUMERO UN DU SENAT

Suite à l’avis négatif de la Haute Cour Constitutionnelle quant à l’organisation d’un référendum, beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur l’aspect des relations entre le Président Andry Rajoelina et le numéro un du Sénat, Rivo Rakotovao. Midi Madagasikara laisse entendre que des dispositions de la Loi fondamentale tendent à renforcer les risques de rivalités entre les deux institutions, notamment l’article 52 qui dispose : « Par suite de démission, d’abandon du pouvoir sous quelque forme que ce soit, de décès, d’empêchement définitif ou de déchéance prononcée, la vacance de la présidence de la République est constatée par la Haute Cour Constitutionnelle. Dès la constatation de la vacance de la Présidence, les fonctions du Chef de l’Etat sont exercées par le président du Sénat. » Selon le quotidien, Andry Rajoelina n’est pas en sécurité, d’autant plus qu’il en ce moment impossible d’appeler les sénateurs pour une session extraordinaire, ce qui éloigne Rivo Rakotovao d’une possible destitution. En effet, le gouvernement peut convoquer la Chambre Haute uniquement pour des questions économiques, sociales et d’organisation des Collectivités Territoriales Décentralisées. D’ailleurs, ajoute Midi Madagasikara, un projet de destitution de l’actuel bureau permanent « a peu de chances d’aboutir » car il est prévu dans l’article 74 de la Constitution que seul un cas de motif grave peut justifier une telle procédure. Aussi, avec la composition actuelle du Sénat où le parti de Rivo Rakotovao détient la majorité absolue, il serait difficile de trouver 42 sénateurs à voter en faveur d’une destitution. (Midi Madagasikara p.14) Par ailleurs, des sénateurs en mission pour la mise en place du Parlement panafricain se sont vus bloqués par la Primature. Selon Rivo Rakotovao, la Primature n’aurait pas donné suite à une demande de délivrance d’ordre de mission aux parlementaires concernés. Le numéro un du Sénat a fustigé l’attitude de l’Exécutif, en accusant celui-ci de nuire au bon déroulement du travail du Parlement. Le Parlement panafricain avait envoyé une invitation au ministère des Affaires étrangères à l’intention de 5 représentants de Madagascar dont deux sénateurs et 3 députés. Rivo Rakotovao a ajouté que toutes les procédures ont été remplies pour que ces missionnaires puissent quitter le pays et leurs frais de déplacement sont pris en charge par la Chambre Haute. Rivo Rakotovao a enfin appelé l’Exécutif à respecter la séparation des pouvoirs et au respect mutuel entre les institutions, comme le veut la Constitution. (Madagascar-Laza p.2) Concernant la lettre ouverte adressée par Rivo Rakotovao au ministre de la Communication, dénonçant des « censures déguisées » des informations sur son institution au niveau des chaînes nationales, celle-ci rapporte que deux événements placés sous l’égide du Sénat n’auraient pas été couverts par la RNM et la TVM. La dénonciation est démentie par la ministre Lalatiana Rakotondrazafy et le nouveau directeur général de l’Office de la Radio et Télévision publiques de Madagascar. Le quotidien commente que le président du Sénat est dépassé et ne peut admettre que désormais, les journalistes des chaînes télévisée et de radio nationales ne courent plus sur « des événements qu’ils jugent moins importants », comme de vrais professionnels. (La Vérité p.3 ; Inona no Vaovao p.3) Aussi, face à l’argument de Rivo Rakotovao selon lequel le contexte politique actuel pourrait être une des raisons de l’embargo contre le Sénat, Free News estime que le numéro un de la Chambre Haute « est passé complètement à côté de la plaque. » Dans une lettre en réponse à ces accusations, Lalatiana Rakotondrazafy balaie d’un revers de main, toute la polémique entourant cette affaire, considérant que Rivo Rakotovao n’a même pas pris la peine de recouper l’information auprès des institutions concernées. Le ministre de la Communication a par ailleurs informé que la TVM et la RNM passent actuellement par une phase de réforme afin d’améliorer la qualité de leurs services. Elle a en outre informé que dans un souci de qualité technique et informationnelle, toutes les informations institutionnelles reçues par ces médias publics ne peuvent être diffusées. Enfin, le journal rappelle que du temps de l’ancien Président, un reportage sur l’association FITIA de Mialy Rajoelina a été censuré sur demande de l’ex Première Dame. (p.2) Tia Tanindrazana lui, annonce que la guerre est déclarée entre les deux protagonistes. Le journal met d’ailleurs l’accent sur le fait que le ministre de la Communication ait demandé à ce qu’une enquête soit menée sur l’affaire afin de mettre les choses au clair car aucun ordre n’a été donné de censurer les informations se rapportant au Sénat. (p.3)

 

JUSTICE MALGACHE : LE SEFAFI RECOMMANDE LA SUPPRESSION DE LA HCJ

L’Observatoire de la vie publique ou SEFAFI a fustigé l’existence d’une « justice à deux vitesses » où les actions de la justice malgache  sont « limitées aux effets d’annonce ». L’organisation constate que le changement promis par les actuels tenants du pouvoir n’a pas encore eu lieu. Malgré la mise en place du Bureau Indépendant Anti-Corruption, les prévenus jouissent d’une certaine impunité. Bien que des arrestations spectaculaires aient concerné des personnalités du régime précédent, l’incarcération n’a pas empêché certains de continuer à être candidat aux législatives (Midi Madagasikara p.13). Ainsi, le SEFAFI défend que dans le cadre d’une future révision constitutionnelle, la suppression de la Haute cour de justice constituerait un acte démocratique, dans la mesure où les procédures de mise en accusation d’une personnalité étatique auprès de cette instance s’avère trop complexe. En la supprimant, les hauts responsables du pays seront mis sur le même plan que les simples citoyens. L’Observatoire a en outre exigé la limitation de l’immunité parlementaire, défendant que les parlementaires en abusent en s’adonnant à toutes sortes de trafics avec la certitude de ne jamais être condamnés. A également été dénoncé le manque d’indépendance de la justice. (L’Express de Madagascar p.5 ; Madagascar Laza p.6 ; Le Quotidien p.3 ; La Vérité p.2) Le journal Inona no Vaovao s’étonne pour sa part, que le SEFAFI prenne autant à la légère toutes les démarches que la justice malgache a entreprise jusqu’à présent. Selon le journal, des efforts importants ont été constatés à l’instar de l’arrestation de gros bonnets tels que Ratsiferana Hugues, Mbola Rajaonah, Claudine Razaimamonjy ainsi que ceux impliqués dans l’affaire Villa Elisabeth. (p.3)

 

IMMUNITE PARLEMENTAIRE : LE CAS DU SENATEUR BERTHIN ANDRIAMIHAINGO RELANCE LA PROBLEMATIQUE

Le sénateur Berthin Andriamihaingo a été mis sous mandat de dépôt à la prison d’Antanimora samedi dernier pour détournement de 600 millions d’Ariary. Face à la situation, le président de la Chambre Haute a fait parvenir une lettre demandant des explications au procureur du Pôle Anti-Corruption. En effet, explique l’avocate du prévenu, Maître Narindra Andriamananony, le sénateur devrait bénéficier d’une immunité parlementaire tant qu’il siège au Sénat. Elle a par ailleurs dénoncé le non-respect des droits de la défense, en affirmant qu’ils n’ont pas pu avoir accès au dossier car aucune permanence n’est assurée au sein du PAC, les membres étant en formation. Cependant, une demande de libération provisoire sera introduite aussitôt que le dossier sera entre les mains de la défense. Pour rappel, l’affaire a éclaté suite à une dénonciation de détournement d’un marché public au sein de la Direction de programmation élargie de vaccination (DPEV) du ministère de la Santé. Face à cela, le PAC explique que l’immunité parlementaire n’est pas valable en dehors de l’exercice des fonctions de sénateur. (Les Nouvelles p.2)

 

PRESIDENCE : LE DIRECTEUR DE PROTOCOLE QUITTE SON POSTE

Lila Andriambalo, directeur du protocole d’Etat auprès de la Présidence de la République a démissionné quinze jours après sa nomination. Des spéculations laissent entendre que les raisons de sa démission auraient un rapport avec sa santé. Lila Andriambalo aurait d’ailleurs expliqué que « la pression imposée par cette fonction aurait eu un impact sur sa santé. » Rinah Rakotomanga, directeur de la communication auprès de la Présidence a soutenu cette information, en confirmant que le rythme à suivre était bien trop soutenu pour l’ancienne directeur du protocole. (L’Express de Madagascar p.5 ; Tia Tanindrazana p.3) 

 

Communauté internationale

 

RELATIONS ENTRE MADAGASCAR ET L’UE

Giovanni Di Girolamo, Ambassadeur de l’Union européenne à Madagascar s’est exprimé sur les relations de l’UE et la Grande Ile. Pour rappel, Madagascar est le premier pays devenu partenaire de l’Union européenne car la Communauté économique Européenne, ancêtre de l’UE, a immédiatement noué des liens avec la République Malgache naissante en 1958. Actuellement, les enjeux de cette relation de longue date ont évolué. Concernant la gestion des financements accordés à l’Etat malgache, Giovanni Di Girolamo s’est dit satisfait bien que des efforts sont à fournir. Pour ce qui est de ses impressions après sa première participation au Dialogue politique entre l’Union européenne et Madagascar, il s’est dit marqué par la découverte d’une volonté d’aller de l’avant, de réaliser des actions concrètes. Il a constaté une atmosphère de confiance et d’optimisme ainsi qu’une attitude responsable.  Enfin, questionné sur les conditions de renouvellement d’un financement au profit de l’Etat malgache, l’Ambassadeur a expliqué qu’en vertu de la Convention de Cotonou, le respect des droits de l’homme est une exigence fondamentale. Le critère de la bonne gouvernance et de la transparence sont également très importants. Puis, la condition la plus importante repose sur la situation du pays, que celui-ci ait réellement besoin d’aide. (L’Express de Madagascar p.6)

 

Format de couverture

 

La Vérité a publié en sa page 15, la réponse du ministère de la Communication à la lettre ouverte du numéro un du Sénat dénonçant que des événements organisés sous l’égide du Sénat n’auraient pas été couverts par la RNM et la TVM.

 

 

Un peu d’humour

 

La Gazette de la Grande Ile p.5