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Revue de presse du 13 mai 2019

Revue de presse du 13 mai 2019

La campagne électorale pour les législatives, qui en est à sa deuxième semaine, figure à la Une des quotidiens parus ce jour. Si dans la capitale, les candidats députés de la capitale optent pour le porte-à-porte afin de conquérir l’électorat, ceux des autres provinces choisissent les meetings pour amasser la foule. D’autre part, l’élaboration de la Loi de Finances rectificative de 2019 intéresse les médias.

Foyers de tension électorale

CAMPAGNE ELECTORALE : LA NEUTRALITÉ DE L’ADMINISTRATION REMISE EN QUESTION

D’après L’Express de Madagascar, des candidats députés exploitent et recyclent les supports de communication utilisés lors de la présidentielle. Une situation considérée comme étant une utilisation des prérogatives de la puissance publique, souligne le quotidien. Et pour cause, il s’agit entre autres du clip officiel et de l’affiche à l’effigie du candidat n° 13 durant la présidentielle de 2018, qui est actuellement le Chef de l’Etat Andry Rajoelina. Il en est de même de la teneur des discours de certains candidats, dénonce le journal. Au début de la campagne électorale, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante, Thierry Rakotonarivo a rappelé les principes à respecter pendant les trois semaines de campagne. Il a notamment mis l’accent sur le respect de la neutralité de l’administration en soulignant que, « le simple fait d’utiliser le nom d’un responsable étatique équivaut à l’utilisation des moyens de l’Etat ». Ces rappels ne semblent pas être entendus par certains candidats dénonce le journal, d’autant que la loi organique relative à l’élection des députés ne dispose d’aucune sanction, à cause du vide juridique dans notre loi électorale. L’anarchie dans la campagne électorale implique également la quasi-totalité des candidats, poursuit L’Express de Madagascar. A Antananarivo, les affiches sont posées partout sauf sur les panneaux confectionnés par la CENI. Face à cette situation, le vice-président de la CENI annonce des sanctions. « Depuis jeudi, nos démembrement ont reçu l’ordre de donner six heures aux candidats pour enlever les affichages sauvages. Après ce délai, les agents de la CENI vont se déployer pour les enlever. Nous allons exiger aux candidats des réparations financières pour indemniser nos agents », annonce Thierry Rakotonarivo. Les Hauts conseillers constitutionnels doivent s’attendre à une pluie de requêtes après le scrutin du 27 mai, étant donné que la première semaine de la campagne électorale pour les élections législatives est selon le journal, « truffée d’anomalies ». D’autre part, il est dans l’intérêt des candidats de rectifier le tir au risque de payer très cher ces écarts, conclut L’Express de Madagascar, p.3. Une semaine après le début de la campagne électorale en vue des législatives, le Comité national d’observation des élections (KMF/CNOE) lance un rappel à l’ordre à l’endroit des candidats députés, notamment sur la pose des affiches. Les affiches de campagne des candidats aux législatives envahissent les murs des particuliers dans les quartiers ; alors que les espaces réglementaires prévus par la CENI dans chaque fokontany, destinés à accueillir les affiches de propagande des candidats, sont pour la plupart désespérément vides (Le Quotidien, p.3). Tia Tanindrazana dénonce le laxisme et le mutisme de la CENI par rapport aux dérives perpétrées par les candidats députés durant la campagne électorale, pour ne citer que ces affiches qui sont apposées un peu partout (p.3).

Dynamique politique

PATRIMOINE DE L’ETAT : LANCEMENT DU RECENSEMENT CE TRIMESTRE

Des séries de recensements seront lancées à partir du deuxième trimestre de cette année. Le défi de la Direction du patrimoine de l’Etat et de la Direction générale du Budget est de parvenir à obtenir des données exhaustives et fiables sur tous les logements, les bâtiments et les véhicules d’au moins 10 Institutions et ministère, d’ici la fin de l’année. Ces deux directions ambitionnent de constituer une base de données unique recensant tous les biens immobiliers roulants de l’Etat répartis au niveau de tous les Services opérationnels d’activités de la Grande Ile. Une base de données qui sera un outil indispensable pour assurer une gestion rationnelle des actifs non financiers de l’Etat, et qui aidera les responsables concernés dans l’orientation des dépenses consacrées à ces biens, précise Madagascar-Laza. Force est de constater qu’il n’existe pas de vraie politique de l’administration pour valoriser et préserver le patrimoine de l’Etat, même si des crédits budgétaires y sont alloués chaque année, déplore le quotidien. Conformément au texte en vigueur, le système de recensement actuel est purement déclaratif. Les responsables administratifs des différents ministères doivent envoyer annuellement la liste détaillée de tous les logements et bâtiments administratifs qui leur sont affectés. Par ailleurs, cette directive n’est pas suivie à la lettre étant donné que seul le tiers des ministères existants ont déposé leurs dossiers de recensement auprès du service concerné en 2018. Des sources de Madagascar-Laza indiquent toutefois que les réparations et entretiens, les nouvelles acquisitions, voire les constructions seront programmés de manière transparente et efficiente, afin de mettre fin aux habitudes de certains responsables administratifs de systématiser les dépenses y afférentes, pratique qui va à l’encontre de la maîtrise des dépenses publiques (p.2).

 

LOI DE FINANCES RECTIFICATIVES 2019 : COUPES BUDGETAIRES DANS TOUS LES MINISTERES

L’Exécutif s’attèle actuellement à l’élaboration de la Loi de finances rectificative de 2019. D’après des sources approchées par Les Nouvelles auprès du gouvernement, le président de la République et le Premier ministre scrutent à la loupe toutes les dépenses publiques à inscrire dans le budget de l’Etat. A priori, l’objectif consiste, d’une part, à prioriser les dépenses sociales pour éviter les dépenses inutiles et d’autre part, à concrétiser les promesses présidentielles. « Chaque ministère doit défendre ses projets en vue de réaliser les contrats-programmes signés avec le Président. Depuis toujours, des dépenses de fonctionnement totalement injustifiées ont été inscrites de manière subtile pour ne pas éveiller les soupçons », confie la source du quotidien, en faisant référence aux achats de matériels roulants et de matériels informatiques. Aussi, les coûts exorbitants destinés à la réhabilitation des bâtiments administratifs seront réduits au strict minimum pour éviter les marchés fictifs et autres malversations financières. Tout comme les autres départements ministériels, le ministère de l’Economie et des Finances fait partie des départements concernés par ces coupes budgétaires. Si auparavant, ce ministère a toujours bénéficié du plus gros budget, cette fois, ce ne sera plus le cas. Les budgets non justifiés ont été affectés dans des projets qui ont des impacts directs sur la vie de la population. La concrétisation des engagements du Chef de l’Etat, à travers notamment la construction des infrastructures telles que la nouvelle ville Tanamasoandro, les universités dans les régions, les nouvelles prisons et maisons de force, l’Académie nationale des arts et de la culture, la reforestation, ou encore la réhabilitation des établissements scolaires publics et des infrastructures routières, fait également partie des priorités. A cela s’ajoute le budget consacré aux travaux de finition du palais de Manjakamiadana. Les Collectivités territoriales décentralisées ne sont pas en reste. Dès cette année, des coupes importantes ont été également décidées pour être affectées aux régions. Il s’agit, en effet, de l’un des engagements pris par le Chef de l’Etat dans l’objectif de développer tout Madagascar, sans distinction de régions, rappelle Les Nouvelles, p.3. Pour la première fois dans l’histoire de Madagascar, la LFR sera adoptée via le pouvoir de légiférer par voie d’ordonnance accordé par les anciens parlementaires au président de la République, souligne Free News. Plusieurs aménagements sont attendus, notamment l’augmentation des recettes fiscales, la résolution des problèmes liés à l’électricité et à la hausse des prix des carburants, ou encore la baisse des subventions aux pétroliers et à la société nationale JIRAMA (p.3).

  • Des changements pourraient être opérés au sein de l’actuelle équipe gouvernementale avant l’expiration du délai d’un an initialement accordé aux ministres, avance Midi Madagasikara. D’après le quotidien, nombreux sont les ministres qui ont du mal à dresser une liste de réalisations convaincantes au niveau de leurs départements respectifs. Le délai d’appréciation des réalisations des membres du gouvernement, matérialisé par le contrat-programme, serait écourté. Cette situation génèrerait la panique au sein du gouvernement. Certains ministres se précipitent ces derniers temps à organiser des conférences de presse pour dire qu’ils ont travaillé (p.2).

UN SENATEUR MENACÉ DE DECHEANCE

Un sénateur se trouve actuellement sous la menace d’une déchéance, révèle Madagascar-Laza. Le 24 avril dernier, le président du Sénat Rivo Rakotovao a saisi la Haute cour constitutionnelle aux fins de déchéance d’un sénateur. Ce dernier aurait dévié de la ligne de conduite de son parti politique d’origine. Pour cause, le premier alinéa de l’article 72 de la Constitution, relatif au mandat impératif des parlementaires, dispose que « durant son mandat, un parlementaire ne peut, sous peine de déchéance, changer de groupe politique pour adhérer à un nouveau groupe, autre que celui au nom duquel il s’est fait élire ». Et l’alinéa 4 de ce même article prévoit que la déchéance d’un sénateur peut également être prononcée par la Haute cour constitutionnelle s’il dévie de la ligne de conduite de son groupe parlementaire (p.3).

Processus électoral

CAMPAGNE POUR LES LEGISLATIVES : PORTE-A-PORTE POUR LES CANDIDATS DEPUTES D’ANTANANARIVO, MEETINGS POUR CEUX DES AUTRES PROVINCES

A quinze jours des législatives du 27 mai, l’ambiance électorale reste assez calme, remarque Les Nouvelles. A part les affiches électorales, sans respect des textes de loi en vigueur ou quelques cortèges qui sillonnent les différents quartiers de la capitale, la campagne électorale n’enthousiasme pas outre mesure, du moins les Tananariviens, poursuit le quotidien. Les candidats députés, dont la plupart ont déjà pris les devants durant la précampagne électorale, optent maintenant pour le porte-à-porte. Pour le moment, l’utilisation des moyens colossaux comme lors des présidentielles n’est pas de mise. Campagne de proximité oblige ou choix délibéré, car à la place des meetings, une grande partie des candidats se contente de rameuter les électeurs à distance. Jusqu’ici, le seul meeting d’envergure réalisé dans la capitale a été la présentation des candidats députés du parti Tiako I Madagasikara à Ambohijatovo, à la veille de la campagne électorale. De leur côté, les candidats députés de la plateforme politique IRD, proche de l’actuel Chef de l’Etat, ont choisi de faire campagne chacun dans leur fief. A l’inverse de la situation à Antananarivo, celle des autres provinces semble néanmoins différente, souligne Les Nouvelles, p.2. Des candidats plutôt connus du public à Antananarivo-ville se montrent discrets et pourraient donc passer inaperçus dans la course à la députation, indique La Gazette de la Grande Ile. Le journal cite entre autres, Razafimbelo Arinony Jacques, qui était pendant longtemps délégué du 1er arrondissement, ou encore Ange Andrianarisoa dans le 3ème arrondissement, ancien député et ancien président de l’Assemblée nationale sous le régime de Didier Ratsiraka (p.3). Les candidats députés, en l’occurrence les grosses pointures dans les autres provinces ont choisi les meetings pour attirer des foules massives. C’est le cas notamment à Toliara, à Fianarantsoa ou encore à Toamasina. Dans la ville portuaire, les candidats de l’IRD ont reçu le soutien du secrétaire national du parti Tanora Gasy Vonona, Hery Rasoamaromaka. (p.2). Ce jour marque le 47ème anniversaire de la manifestation estudiantine du 13 mai 1972. Par rapport aux années précédentes, la date tombe, cette année en pleine période de propagande. D’après la Préfecture d’Antananarivo, elle n’a reçu que deux demandes d’autorisation de dépôt de gerbe à Analakely, à savoir celles du parti Manda ho an’ny firaisam-pirenena, sous l’égide de Lalatiana Ravololomanana et du Collectif du 13 mai 1972. Par ailleurs, pour cette année, la consigne de la Préfecture reste semblable à celles des précédentes commémorations. A part le fait d’interdire les discours politiques, seuls les représentants des associations ou partis politiques auront le droit de pénétrer dans l’enceinte de l’Hôtel de Ville. Le but serait d’empêcher tout débordement que pourrait occasionner un attroupement (Les Nouvelles p.3).

LEGISLATIVES : LE SORT DE 4 CANDIDATS ENTRE LES MAINS DE LA JUSTICE

D’après Les Nouvelles, le sort de 4 candidats députés, ayant des démêlés judiciaires, sont actuellement entre les mains de la Justice. Trois d’entre eux sont toujours sous mandat de dépôt tandis qu’un autre a bénéficié d’une liberté provisoire. Ces 4 candidats restent encore candidats à la députation. Ils jouissent de leur droit dans les législatives du fait qu’aucune décision de condamnation n’a été infligée à leur encontre. Leur sort dépendra du verdict du Tribunal, précise Fano Rakotondrazaka, Rapporteur général de la CENI. S’ils sont condamnés, « Une lettre attestant le verdict rendu par le Tribunal doit être présentée à la Haute cour constitutionnelle, qui devrait constater l’incapacité de ces candidats à exercer la fonction de député. La HCC prendra ensuite une décision en vue de remplacer le candidat ayant fait l’objet d’une décision de justice », a-t-il indiqué le 11 mai dernier. Toutefois, la poursuite de ces candidats pourrait être difficile si les procédures judiciaires ne reprennent qu’après l’élection et qu’ils sont élus, remarque Les Nouvelles. Et pour cause, l’immunité parlementaire prévue par l’article 73 de la Constitution pourrait constituer un blocage, comme c’était toujours le cas au niveau du Parlement. Raison qui aurait poussé le ministre de Justice, il y a quelques semaines, à évoquer une possible retouche de ce passage de la Constitution qui semble favoriser l’impunité des parlementaires, (p.3 ; Tia Tanindrazana, p.2). Les candidats incarcérés mobilisent leur comité de soutien pour animer l’ambiance électorale, informe L’Express de Madagascar. A Mahabo, la présence d’un candidat, récemment placé en mandat de dépôt, par l’intermédiaire d’affichages attire l’attention des citoyens. « On ne s’attendait pas à ce que l’image de ce politicien refasse surface pendant la propagande », explique une source locale (p.5). D’après les chiffres fournis par Inona no Vaovao, près de 450 candidats députés ont fait l’objet d’une poursuite judiciaire, sachant que les députés font partie intégrante du pouvoir législatif. (p.3)

 

ELECTIONS LEGISLATIVES : UN COMPTE DE CAMPAGNE MINIMAL ESTIME A PRES DE CENT MILLIONS D’ARIARY

Les dépenses affectées aux législatives ne se sont pas limitées au paiement de la caution de 5 millions d’Ariary dès la constitution des dossiers de candidatures, souligne L’Express de Madagascar. Les mobilisations durant les élections requièrent des sommes faramineuses. Concernant les préparatifs en vue pour la campagne électorale, des candidats se concentrent sur le renforcement de leur communication. Les commandes ont surtout augmenté au niveau des sociétés de fabrication d’articles de propagande. Outre les affiches qui doivent couvrir en moyenne une vingtaine de communes, la coutume électorale ne peut échapper à la distribution de tee-shirt. Par ailleurs, les dépenses de grandes envergures telles que la location de véhicules et d’autres moyens mis à la disposition des candidats fortunés comme l’hélicoptère ne sont pas encore pris en compte dans les calculs. Concernant les dépenses basiques, pour ces législatives, les candidats sont tenus de désigner les délégués dans les bureaux de vote durant le jour du scrutin. Eux aussi sont censés être rémunérés. En moyenne, le compte de campagne minimal d’un candidat est estimé à près de 100 millions d’Ariary. En somme, la politique reste une affaire des gens fortunés, conclut L’Express de Madagascar, p.5. La campagne électorale en vue des législatives est une démonstration de richesse, opine La Vérité. Manifestement, les candidats ne lésinent pas sur les moyens pour courtiser le maximum possible d’électeurs. De l’argent coule à flots et la distribution gratuite des donations ainsi que des articles divers ponctuent les rassemblements politiques (p.6).

 

Style et déontologie

Dans un article ayant pour titre « Rossy : Réélection méritée », La Gazette de la Grande Ile ne tarit pas d’éloges envers le candidat député de la plateforme politique IRD dans le 4ème arrondissement de la capitale. « Il y a de fortes chances qu’il soit reconduit à sa fonction tant ses concurrents sont plutôt faiblards dans le 4ème arrondissement de la capitale ». « Rossy a un petit plus. Il est incontestablement l’un des artistes les plus doués et populaires de sa génération », « Non seulement Rossy est sympathique et ouvert mais il est intègre, ce qui est rare de nos jours dans le milieu politique. Sa réélection sera méritée (…) », conclue le journal (p.5).

 

Format de couverture

  • Madagascar-Laza accorde ½ page à la propagande électorale de la candidate députée soutenue par la plateforme politique IRD dans le 2ème arrondissement, Lanto Rakotomanga (p.2). Le quotidien accorde ¼ de page à la même candidate, durant sa descente dans le fokontany de Mahazoarivo le 11 mai dernier (p.5).
  • Dans une interview exclusive accordée à Midi Madagasikara, le président du Haut conseil pour la Défense de la Démocratie et de l’Etat de Droit, Pierre Lenoble Navony s’est exprimé sur le caractère indispensable du respect de l’éthique et de l’information inclusive des citoyens pour la tenue d’élections crédibles. Dans cette campagne électorale en vue des législatives, le président de la HCDDED recommande le respect de l’éthique par les candidats et par le microcosme politique en général, étant donné le flou juridique entourant l’élection. Concernant le déroulement de la période électorale, Pierre Lenoble Navony constate des déraillements qui sont tributaires autant de la volonté politique des dirigeants que de la responsabilité citoyenne. Pour y remédier, il recommande de clarifier les règles du jeu via des propositions de lois régissant la précampagne et la campagne électorales. Aussi, le HCDDED préconise le renforcement des activités de suivi-évaluation sur l’application des lois et des sanctions en cas de non-respect (p.7).

Un peu d’humour


L’Express de Madagascar, p.6