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Revue de presse du 14 mai 2019  

Revue de presse du 14 mai 2019   

 

En cette deuxième semaine de campagne électorale, les échos fusionnent de partout. En même temps, le transfert des dossiers des 79 anciens députés soupçonnés de corruption lors de l’adoption des lois organiques relatives aux élections, auprès du Pôle anti-corruption retient l’attention des médias. En effet, le Bureau Indépendant Anti-Corruption a fini sa part de travail après un an d’investigation suite à une saisine.

 

Dynamique politique

 

SUSPICIONS DE CORRUPTION A L’ASSEMBLEE NATIONALE: LES DOSSIERS DES 79 DEPUTES TRANSMIS AU POLE ANTI-CORRUPTION

Au mois d’avril 2018, le BIANCO a été saisie d’une doléance dénonçant des suspicions de corruption commise par des députés dans le cadre de l’adoption de la loi organique régissant l’organisation des élections à Madagascar. D’après les informations qui circulaient à cette époque, une réunion de plusieurs députés de Madagascar a eu lieu du 28 mars au 3 avril 2018 à l’Hôtel Paon d’Or d’Ivato, les organisateurs de ladite réunion auraient réservé l’hôtel au profit de 79 députés. Il a été révélé aussi que chacun de ces parlementaires auraient perçu une somme de 50 millions d’Ariary de la part du pouvoir exécutif de l’époque pour voter le texte de loi mentionné ci-dessus. Comme pour illustrer cette information, la loi organique sur le régime général des élections a été votée par 79 députés le 3 avril 2018. Après avoir été saisie de cette affaire, le BIANCO a commencé à réunir les indices pouvant mettre en cause les 79 députés. Un an après, le Bureau anticorruption a bouclé les investigations et a transféré les dossiers au Pôle Anti-Corruption. (Midi Madagasikara, p.2) (La Vérité, p.3) (Free News, p.5) (Le Quotidien, p.3) (Tia Tanindrazana, p.3). Plusieurs candidats aux élections législatives du 27 mai sont impliqués dans cette affaire, introduit L’Express de Madagascar. D’après une source connaissant le dossier, « Si une enquête ne confirme pas les faits suspectés, le BIANCO peut, à son niveau, décider de classer le dossier. Le fait qu’il soit transféré au PAC indique que les faits mis en cause sont avérés. » L’avancement de cette affaire de corruption au Parlement pourrait chambouler la course à la députation, ou du moins, bousculer le planning de campagne de certains candidats. Des membres du gouvernement ayant courtisé ces anciens élus qui sont actuellement en lice pour la conquête de Tsimbazaza, pourraient se prévaloir de leur droit à attendre une mise en accusation devant la Haute Cour de Justice. D’après l’avis d’un juriste : « Une poursuite pour corruption dans ce cas-ci peut être dissociée des actes couverts par l’alinéa premier de l’article 73 de la Constitution. Cette disposition prévoit qu’aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. » (L’Express de Madagascar, p.3). « Nous étudierons chaque dossier à partir de la semaine prochaine, étant donné que nous sommes encore en formation », a indiqué le Procureur de la République auprès du PAC, joint au téléphone hier. Les modalités de l’immunité parlementaire seront ainsi sérieusement étudiées car il s’agit ici de 79 hautes personnalités de l’Etat. Comme le mandat législatif a expiré depuis quelques mois, le sort des 79 députés reste pour le moment incertain, sachant que le ministre de la Justice a récemment déclaré, « Nous souhaiterions alléger la procédure de poursuite pour renforcer la lutte contre la corruption. » (Les Nouvelles, p.3). https://www.madagascar-tribune.com/Le-dossier-de-79-deputes-accuses-de-corruption-transmis-au-Pole-anti-corruption.html

 

CELEBRATION DU 13 MAI DANS LE CALME

Hier a eu lieu la Journée de commémoration des événements du 13 mai 1972. La commémoration s’est déroulée dans le calme sur le Parvis de l’Hôtel de Ville à Analakely. Celle-ci été marquée par la traditionnelle pose de gerbes de fleurs, en mémoire de ceux qui ont perdu la vie lors du mouvement estudiantin. Il a aussi été annoncé qu’une stèle de commémoration sera érigée sur cette Place du 13 Mai. Une annonce qui a été faite par le Président du Conseil Municipal de la Commune Urbaine d’Antananarivo, Faustin Andriambahoaka. Les travaux de construction seront réalisés dans le cadre des travaux de rénovation de l’Avenue de l’Indépendance, qui seront inaugurés au mois de juillet prochain. (Midi Madagasikara, p.3) (Les Nouvelles, p.2) (Inona no Vaovao, p.2). Les anciens étudiants regroupés dans des associations et des partis politiques ont participé au dépôt des gerbes à Analakely. La célébration d’hier n’a pas créé la discorde entre les éléments des forces de l’ordre et ceux qui ont fait le déplacement. L’accès au lieu a été facilité vu que la manifestation a obtenu l’autorisation de la Préfecture d’Antananarivo, la circulation aux alentours de la Place a été libérée. La commémoration a été marquée par la présence des « soixante-douzards » dirigés par Maître Willy Razafinjatovo, qui a déclaré : « La lutte se poursuit jusqu’à ce que la démocratie soit installée, jusqu’à ce que Madagascar jouisse de sa véritable indépendance. » (L’Express de Madagascar, p.5). Une forte délégation de parlementaires du parti TIM, conduite par Olga Ramalason a participé à la Commémoration d’hier. En tant que parti politique actif, le TIM a manifesté son adhésion au mouvement. Pour la formation, la journée d’hier n’a pas été uniquement une simple cérémonie de dépôt de gerbes mais c’est surtout un nouvel élan de patriotisme. (Le Quotidien, p.4) (Tia Tanindrazana, p.2)

 

ENVIRONNEMENT DE CAMPAGNE

  • Concernant la campagne électorale, on est bien loin des grands défis que le régime en place doit relever, commente Midi Madagasikara, alors qu’il compte obtenir la majorité à l’Assemblée Nationale. (2)
  • Après une semaine de campagne, le candidat de l’IRD Siteny Randrianasolo semble être en pole position pour succéder à son propre mandat, analyse L’Express de Madagascar, estimant qu’il jouit toujours d’une popularité qu’il a su préserver au sein de ses rangs. Dans cette course parlementaire, il est soutenu par le TGV/Mapar et le Toliara Miranga, le milieu sportif et plusieurs associations. Le fait de posséder une radio et une chaîne de télévision locale est aussi un avantage pour lui. D’un autre côté, le Maire de la Commune Urbaine de Toliara est également très apprécié. Considéré comme étant à l’origine de la métamorphose de la Ville du Soleil, il se trouve aussi en position favorable. En outre, deux autres candidats pourraient bousculer les pronostics, il s’agit de l’avocate Elisoa portant le dossard du parti TIM et de Roméo Ratsimbazafy, candidat indépendant qui risque de créer une surprise le jour du scrutin. Cet opérateur économique mène un travail de fourmi sur le terrain., note L’Express de Madagascar (p.14)
  • « Un véritable spectacle désolant », c’est ainsi que La Vérité qualifie les faits de campagne en ce moment. « Certains préfèrent en rire mais la vérité fait pleurer », enchaîne le journal. Devant le manque d’enthousiasme des citoyens, des candidats se ridiculisent pour attirer l’attention. Il y a d’abord ce candidat qui, pour se faire pardonner d’avoir délaissé sa ville natale durant les cinq dernières années, s’est mis à laver les pieds des personnes âgées présentes lors de son meeting, à l’image de Jésus Christ. Une candidate à sa réélection a pris comme slogan de campagne « Hafa ihany i Neny » (traduit librement par « Maman est exceptionnelle ». Un slogan qui prête à rire certains observateurs étant donné le passé de la personne, commente le journal, tout en ajoutant que parmi les femmes de la dernière législature, celle-ci est sans aucun doute celle qui a le plus fait parler d’elle. Un autre candidat s’est pavané à travers toute une ville sur une charrette. D’autres prétendants tapissent leurs affiches de campagne de la couleur d’une coalition politique qui n’est même pas la leur pour tenter d’obtenir les voix de cette dernière. Pour bon nombre d’observateurs, ces candidats font sombrer la scène politique malgache dans une aussi malheureuse décadence intellectuelle, conclue le journal La Vérité (p.3)
  • Le KMF/CNOE a tiré la sonnette d’alarme par rapport à cette campagne électorale pour les législatives. En effet, cette plateforme de la société civile martèle que les candidats ne font que berner leurs électeurs par rapport aux cadeaux, en numéraire ou en nature qu’ils offrent, afin d’obtenir leurs votes. (https://actu.orange.mg/depeches/)

 

Foyers de tension électorale

 

CAMPAGNE ELECTORALE : DENONCIATIONS ENTRE PARTIS POLITIQUES

Le bureau du parti TIM a déclaré que les candidats du parti sont victimes d’intimidation. La Sénatrice Olga Ramalason a déclaré effectivement que « Les candidats de l’IRD font des pressions sur leurs adversaires à travers des intimidations et des menaces. Outre les candidats du TIM, les autres en sont également victimes. » Toutefois, aucune preuve à cette affirmation n’a été apportée. Les Nouvelles considère cela comme une stratégie pour briguer la majorité à l’Assemblée nationale. Le TIM prépare déjà ses partisans à une nouvelle débâcle et cherche des noises pour accuser à tort les candidats présentés par l’IRD, selon le journal. (p.2) (La Gazette de la Grande Ile, p.4). Le Quotidien adopte une posture différente. Olga Ramalason a dénoncé l’utilisation des photos du Chef d’Etat dans la campagne électorale des candidats IRD, « La question se pose donc : le Président de la République n’est-il pas celui de tous les Malgaches, mais juste d’un parti politique ou de quelques candidats ? », s’est demandé la Sénatrice. La Secrétaire Général du TIM a affirmé que « les candidats de l’Etat » useraient de leur pseudo-statut pour faire pression sur les administrations locales et même faire des coups bas à leurs concurrents. Aussi, le remplacement des chefs fokontany en pleine période de campagne ne motive pas l’optimisme quant à la neutralité de l’Administration. (p.3) (Tia Tanindrazana, p.2) Free News dénonce, pour sa part, que les candidats de l’Isika Rehetra Distrika Miaraka amin’i Andry Rajoelina ou IRD mènent des campagnes de manière convenable, tandis que les autres candidats des autres partis politiques et les indépendants font tout le contraire de ce que prescrit la loi : des vacarmes ici et là, des affiches placardées à des endroits interdits alors que la CENI a bel et bien aménagé des emplacements prévus à cet effet. Certains candidats ne sont même pas capables de suivre des règles aussi simples et c’est assez préoccupant, selon Free News (p.3)

 

CAS D’UN CANDIDAT AUX LEGISLATIVES NOMME DIRECTEUR REGIONAL D’UN MINISTERE

La Haute Cour Constitutionnelle a rejeté une demande de désistement d’un candidat député dans le district d’Antsiranana I. Le candidat a été nommé en conseil des ministres en tant que Directeur régional d’un ministère. Un directeur de ministère est assujetti à l’obligation de démission prévu par l’article 6 de la loi organique 2018-008 relative au régime général des élections et des référendums, s’il est candidat à une élection. L’alinéa 5 de cette loi organique dispose que toute personne, fonctionnaire ou non, nommée aux hautes fonctions et hauts emplois civils et militaires de l’Etat, candidate à des élections, doit démissionner de ses fonctions à compter la date de publication de la liste officielle des candidats. La liste officielle a été publiée le 19 mars dernier, et le candidat a été nommé le 27 mars ; il a envoyé sa requête à la HCC le 1er avril et cette dernière l’a rejetée le 10 mai 2019. Sa nomination n’a pas encore été abrogée jusqu’à maintenant. (Madagascar-Laza, p.2)

 

Focus sur la sécurité

 

LES MILITAIRES SERONT SOUMIS A UN CONTRAT-PROGRAMME

En marge de la passation de commandement dans le camp militaire 1/RM1 à Analakely hier, le Général Jean Claude Rabenarivo Harivelo a déclaré qu’un centre opérationnel sera mis en place afin de maîtriser et pour assurer la coordination des tâches depuis la base jusqu’au niveau supérieur. Les renseignements transmis par le Centre permettront au commandement de l’Etat-Major Mixte Opérationnel de prendre les décisions nécessaires pour faire face à l’insécurité. Toutes les instructions pour régir le Détachement Autonome de Sécurité (DAS) seront également ordonnées au sein du Centre opérationnel. L’Objectif est celui de se soumettre au contrat-programme élaboré par l’Etat-Major Général de l’Armée Malagasy. Tous les ministères et les départements ministériels sont tenus à une culture d’excellence suite à l’instruction du président de la République d’exiger des résultats concrets après un an. (L’Express de Madagascar, p.5) (Les Nouvelles, p.4) (Inona no Vaovao, p.3)

 

Un peu d’humour

L’Express de Madagascar, p.3