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Revue de presse du 6 juin 2019  

Revue de presse du 6 juin 2019   

 

Le mouvement de contestation des élections s’amplifie avec l’arrivée des contestataires dans la capitale dans le but d’occuper le terrain médiatique, tandis que la HCC et la CENI se préparent à recevoir les requêtes. Par ailleurs, un communiqué publié par l’Observatoire de la Vie Publique ou SEFAFI, lundi, dénonce l’absence de l’effectivité de la décentralisation à Madagascar.

 

Foyer de tension électorale

CONTESTATION DES ELECTIONS : LA HCC EST PRETE A RECEVOIR LES REQUETES

Après avoir fait la pression dans les districts, les contestataires des résultats des élections législatives se pressent et sont arrivés dans la capitale afin d’occuper le terrain médiatique. Et les candidats du parti Tiako i Madagasikara se montrent les plus actifs. Réunis dans leur QG sis à Bel’Air hier, les candidats TIM ont affirmé qu’ils sont en possession des preuves concrètes sur l’existence de fraudes massives. « Ces preuves vous seront communiqués en temps voulu mais vous comprendrez que pour des raisons stratégiques, nous préférons les garder pour les plaintes. Le TIM a déjà déclaré que cette fois-ci, il ne se laissera plus faire et nous avons déjà appris les leçons des présidentielles » a déclaré un des candidats du TIM dans l’un des arrondissements de la capitale. La formation politique est décidée à se lancer dans la bataille juridique. Des partis politiques comme le TIM ou encore des coalitions de candidats comme ceux venant du district de Fandriana ou de Tana IV ont haussé le ton en rapportant des irrégularités qu’ils auraient eu connaissance dans leurs circonscriptions respectives. De son côté, le vice-président de la CENI, Hervé Randriamanantsoa affirme que « trois ou quatre candidats ont eu l’intention de déposer des requêtes pour confrontation de PV mais jusqu’à maintenant, on n’a rien reçu. » La Haute Cour Constitutionnelle a quant à elle décidé de ne pas attendre l’annonce des résultats provisoires. Elle a commencé le traitement des résultats du scrutin du 27 mai. Comme la CENI, la HCC procède à la vérification systématique des PV et des feuilles de dépouillement. En fait, la HCC a ramassé les plis électoraux dans les six arrondissements de la capitale le lendemain de la descente aux urnes et la CENI a acheminé ceux des autres localités. Outre le traitement des contentieux électoraux, déceler les anomalies et les irrégularités fait également partie des attributions de la HCC. L’étape consiste au redressement des calculs, le contrôle des PV venant des SRMV ou encore la vérification de l’ensemble des bulletins de vote ou des bulletins blancs et nuls auprès de la CENI. Par ailleurs, la HCC a mis en garde quiconque tenterait de manipuler l’opinion publique, « Toute pression ou manipulation de l’opinion publique ne sont d’aucun effet sur le respect de la volonté des électeurs. » La Haute Cour Constitutionnelle demande à tous les candidats et leurs partisans à faire preuve d’humilité, de retenue, d’honnêteté et de responsabilité. Concernant les requêtes, la HCC a déjà publié les formalités à suivre pour que les doléances soient recevables. ((L’Express de Madagascar, p.5 ; Le Quotidien, p.3 ; Madagascar-Laza, p.3 ; Les Nouvelles, p.3 ; La Vérité, p.3) En outre, la HCC avertit les observateurs défaillants. En effet, lors de la dernière élection présidentielle une trentaine d’associations ont reçu l’autorisation de la CENI pour faire partie des observateurs électoraux, seulement, moins d’une dizaine ont rendu leur rapport auprès de la CENI, d’après les précisions de Thierry Rakotonarivo, vice-président de l’organe électoral. En ce qui concerne les scrutins législatifs, les observateurs ont jusqu’à ce jeudi pour déposer leurs rapports. Ce délai dépassé, la CENI prendra les dispositions par rapport aux associations et structures qui n’ont pas respecté leurs obligations, rapporte Madagascar Laza, (p.2). Ainsi, la CENI va commencer aussi à traiter les PV physiques issus des SRMV, elle a fini de traiter les PV scannés lundi dernier, conclut Free News, (p.3)

 

Dynamique politique

LE SEFAFI REAGI SUR LA DECENTRALISATION EFFECTIVE

Dans un communiqué en date du 1er juin 2019, l’Observatoire de la vie publique ou SEFAFI a pointé du doigt les lacunes dans la mise en place de la décentralisation effective. Depuis la mise en œuvre de la décentralisation dans sa forme actuelle, les seules collectivités territoriales à part entière qui aient été mises en place sont les communes, avec les maires et les conseillers communaux comme élus locaux, détaille le communiqué. Ainsi, depuis 2014, l’on a tenté de mettre en place les régions mais jusqu’à présent, nous restons dans le même dispositif transitoire. Le SEFAFI a par ailleurs souligné que la consolidation des lois et des textes sur la décentralisation aurait dû promouvoir un meilleur fonctionnement des collectivités, avec l’appui du Conseil du District et des services déconcentrés, conformément à la loi 2014-021 du 27 septembre sur la Représentation de l’État. En 2016, le Sénat a été mis en place sans qu’il n’y ait eu d’élections locales au niveau des provinces et des régions, alors que les membres de la Chambre Haute devraient être élus par les grands électeurs, constitués par les élus locaux des trois niveaux de collectivités territoriales décentralisées, poursuit l’observatoire de la vie publique. Les sénateurs actuels ont été élus par les maires et les conseillers municipaux, la question qui se pose, soulève le SEFAFI : « est-ce qu’ils représentent réellement les collectivités territoriales décentralisées ? » Par ailleurs, l’Observatoire attire l’attention sur le fait que des compétences ont été transférées aux communes sans que les ressources ne suivent, en conséquence, des lacunes sont observées dans l’effectivité de la décentralisation financière. Or il a été remarqué que le niveau de transferts financiers n’a cessé de diminuer sauf pour les dotations de budget de fonctionnement. Des dotations complémentaires en fonction du nombre des habitants sont aussi prévues pour certaines communes mais cela n’a jamais été concrétisé. (Midi Madagasikara, p.13 ; Les Nouvelles, p.2-5 ; Free News, p.5 ; Tia Tanindrazana, p.3) Le SEFAFI propose de fait, la tenue des élections régionales jumelées avec les communales cette année. « Si les élections régionales sont organisées en même temps que les élections communales au cours du second semestre 2019, la régionalisation offrira une bonne opportunité pour accélérer la mise en œuvre de la décentralisation. Ces élections faciliteront le dialogue entre les communes et leurs régions respectives, afin de mettre les plans régionaux en harmonie avec les enjeux de développement local. Elles instaureront un dialogue suivi entre le territoire et les ministères sectoriels offrant aux collectivités, la possibilité de jouer leur rôle de maitre d’ouvrage dans la mise en œuvre de la politique publique », souligne le SEFAFI. (Madagascar Laza, p.2 ; Le Quotidien, p.4 ; https://www.madagascar-tribune.com/Une-decentralisation-toujours-a-la-traine.html)

 

« i-TOROKA » : LA NOUVELLE PLATEFORME DE DOLEANCES EN LIGNE DU BIANCO

Le Bureau Indépendant Anti-corruption vient de se doter d’une nouvelle plateforme pour recueillir les doléances. Son lancement officiel se tiendra au Carlton Anosy demain à 8h 30. La mise en place de cette plateforme s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de la Lutte contre la Corruption (SNLCC) et de la Politique générale de l’État de « tolérance zéro en matière de corruption ». La concrétisation de ce projet a été appuyée par « Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit » ou GIZ. Ce site de doléance est associé au site du Bianco et permet aux citoyens de dénoncer des faits de corruption et d’échanger avec les investigateurs du Bianco avec un mécanisme informatique reconnu au niveau international qui garantit l’anonymat absolu pour le lanceur d’alerte. Des expériences internationales démontrent l’efficacité de ce mécanisme, d’ailleurs la plateforme présente plusieurs avantages : le traitement en temps réel des informations grâce à l’élimination de la contrainte espace-temps ; l’amélioration de la qualité des doléances transmises grâce à un questionnaire précis ; la mise à disposition des preuves et l’échange simultané entre le lanceur d’alerte et l’investigateur du Bianco ainsi que la protection du lanceur d’alerte. (Midi Madagasikara, p.14)

 

Focus sur la sécurité

DEUX GENDARMES ET DEUX POLICIERS IMPLIQUES DANS UNE AFFAIRE DE KIDNAPPING 

À la suite d’un procès qui s’est tenu au Pôle Anti-corruption sis à 67ha lundi dernier, deux gendarmes et deux policiers impliqués dans une affaire de kidnapping ont écopé de deux ans de prison ferme. Il s’agit d’une affaire qui remonte à octobre 2018. Les quatre membres des forces de défense et de sécurité sont accusés d’avoir accepté de l’argent en échange de la libération d’un présumé kidnappeur. Ils auraient reçu la somme de six millions d’ariary. Le jour de la transaction, les faits ont été dénoncés auprès d’un haut responsable de la Gendarmerie. Le camp Ratsimandrava, où se trouvait le bureau de la cellule mixte anti-kidnapping a été fermé pour procéder à la vérification de l’information et une fouille au corps des éléments des forces de l’ordre indiqués a permis de constater qu’effectivement, ils avaient une somme totale de quatre million d’ariary sur eux. Par la suite, la vérification des téléphones des gendarmes et les policiers concernés a également confirmé le transfert de deux millions d’ariary via mobile-banking. Une enquête a été immédiatement ouverte et remise au PAC. En tout, neuf membres de la cellule mixte anti-kidnapping ont été interpellés dans cette affaire, dont quatre ont été placés en détention préventive en mi-octobre 2018, trois autres ont été placés sous contrôle judiciaire et deux autres remis en liberté provisoire. Toutefois, suite à une opposition faite par le parquet du PAC, les trois enquêteurs placés sous contrôle judiciaire ont été placés en détention préventive, en mi-novembre 2018. Un officier des bérets noirs fait partie des quatre personnes condamnées à deux ans d’emprisonnement ferme, lundi. Le PAC a également ordonné qu’il soit dégradé, assortie d’une interdiction d’exercer au sein de la fonction publique durant une période relativement longue. (L’Express de Madagascar, p.3)

 

Un peu d’humour

 

L’Express de Madagascar p.3