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Revue de presse du 18 juin 2019  

Revue de presse du 18 juin 2019   

 

Le Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM) fait état des menaces à l’endroit de certains de ces membres par rapport au dossier impliquant 27 militaires qui font actuellement l’objet d’un mandat de dépôt à la maison centrale de Tsiafahy. Par ailleurs, la HCC rappelle que le dernier délai de dépôt des requêtes concernant les résultats provisoires publiés par la CENI est prévu aujourd’hui à minuit.

 

Foyer de tension électoral

BRAS DE FER A BETROKA : NICOLAS RANDRIANASOLO REMET SON SORT ENTRE LES MAINS DE LA HCC

Encore une fois, le candidat-député de Betroka Nicolas Randrianasolo a nié toute accusation de fraudes portée contre lui. « Il y a des candidats et des partisans de candidats qui ont déclaré que j’ai fait des fraudes électorales et que le scrutin à Betroka était entaché de fraudes et d’irrégularités. Mais il était surprenant de voir que le district de Betroka n’est pas spécialement mentionné lors de la délibération de la CENI. » Le candidat demande à ce que chacun attende le verdict de la HCC et si ces détracteurs ont des preuves en leur possession, qu’ils les montrent. Concernant sa position politique, Nicolas Randrianasolo a déclaré qu’il ne sera pas systématiquement un opposant, « si le président de la République veut développer les districts de Madagascar, pourquoi je m’y opposerai ? » (Madagascar Laza, p.2)

 

Processus électoral

LA HCC RECEPTIONNE LES REQUETES

Après la proclamation des résultats provisoires, les candidats malheureux se tournent vers la Haute Cour Constitutionnelle. Hier, en fin de journée, plus de 200 requêtes ont été déposées à Ambohidahy, et d’après les précisions de Ratsarazaka-Ratsimandresy, directeur de cabinet de la HCC : « Nous ne sommes pas encore en mesure de donner un nombre exact car il faut traiter les dossiers. » Les plaignants ont jusqu’à aujourd’hui à minuit pour faire des réclamations, ainsi des dispositions ont été prises pour assurer la permanence. Il a été précisé aussi que parmi ces requêtes, il y a celles qui ont été déposées avant le jour du scrutin, durant la précampagne et la campagne, mais il y a également celles qui concernent les résultats provisoires. (L’Express de Madagascar, p.3). La Gazette de la Grande Ile rapporte que la HCC a reçu 400 requêtes. Nombreux sont ceux qui demandent une annulation de vote à cause des fraudes et de la corruption. Le parti TIM est parmi les premiers à revendiquer cette annulation. (p.10)

 

Dynamique politique

LA MISE EN PLACE DE L’OPPOSITION OFFICIELLE A L’ASSEMBLEE NATIONALE DEVIENT IMPERATIVE

En attendant la proclamation des résultats définitifs de la HCC, la question qui se pose est celui de savoir si à l’issue de ces législatives, l’opposition officielle requise par le droit positif va être enfin mise en place de manière effective ou restera éparpillé comme celle du régime précédent, s’interroge Midi Madagasikara. Les résultats provisoires de la CENI donnent comme schéma une majorité écrasante de la plateforme qui soutient le pouvoir avec 84 sièges sur les 151 à pourvoir. D’après les avis de Toavina Ralambomahay, analyste politique : « l’opposition aurait dû se proclamer dès le lendemain de l’investiture de président. Elle aurait pu porter le statut de l’opposition et avoir un peu plus d’envergure lors des législatives. C’est d’ailleurs l’utilité de cette loi, pour faire face à la puissance des tenants du pouvoir. Mais vu la pratique politique à Madagascar, très peu vont oser se proclamer opposant alors que le président a encore cinq ans devant lui (…) Ce serait refuser toute opportunité de goûter aux postes gouvernementaux. Et ce serait étonnant de voir une opposition officielle. » On dirait que ce sont les dirigeants qui changent mais les mauvaises pratiques restent, estime l’analyste politique. (p.3)

 

CELEBRATION DE LA FETE DE L’INDEPENDANCE : LE PREMIER MINISTRE FAIT LE POINT

Lors de la cérémonie de levée de drapeau au Palais de Mahazoarivo, le chef du gouvernement Christian Ntsay a insisté sur l’importance du drapeau national qui est le symbole de l’identité du pays. « Il est sans pareil dans le monde, c’est le signe de l’unité et de la souveraineté nationale » a-t-il rappelé. Des élèves du lycée catholique de Marovoay venus effectuer un  voyage d’étude dans la capitale ont été spécialement invités par le Premier ministre pour qu’ils puissent s’approprier le sens et l’importance de la cérémonie. Aussi, Christian Ntsay a parlé de la célébration du retour de l’indépendance de Madagascar le 26 juin prochain, comme « une date importante ». Il a sollicité les citoyens à hisser le drapeau dans chaque maison. « Si nous n’y mettons pas nous-mêmes, qui va respecter notre drapeau à notre place ? » a-t-il interpellé. Par la même occasion, le chef du gouvernement a informé que les festivités dans les régions seront décalées par rapport à celles prévues dans la capitale pour que tout le pays puisse voir en direct à la télé ce qui se passera à Antananarivo ; en particulier le défilé et les démonstrations effectués par les forces armées qui sont en première ligne pour représenter l’indépendance de la Nation. La kermesse de l’Armée sera également intégrée dans la célébration de cette année. S’adressant aux acteurs politiques, Christian Ntsay leur a demandé de respecter la démocratie, les valeurs malagasy et surtout la paix sociale. Il faut faire confiance à la Haute Cour Constitutionnelle qui proclamera les résultats des législatives d’ici quelques jours. Le premier ministre a profité de sa prise de parole pour faire part de la réduction du nombre de l’effectif des employés de la primature. En effet, des membres de son précédent cabinet ont été abrogés en vue de mettre en place un cabinet restreint qui s’inscrit dans le cadre de l’austérité suivie par le régime actuel. (Midi Madagasikara, p.2)

 

VERS UNE EVALUATION DU GOUVERNEMENT ?

Lors de la nomination des membres du gouvernement, le président Andry Rajoelina a annoncé que les ministres disposent d’une année pour faire preuve de performance. Il y aura une évaluation tous les six mois. Les modalités de cette évaluation sont encore inconnues jusqu’à présent. Chaque ministre s’est engagé par un contrat-programme qui s’articule autour de la réalisation des promesses présidentielles dans chaque secteur et département ministériel. Aussi, chaque membre du gouvernement est demandé d’assurer un suivi tous les 30 jours et de communiquer à la fois au président de la République et au Premier ministre les progrès réalisés couvrant les engagements, ainsi que d’évaluer l’effectivité et l’efficacité du travail. Les premiers six mois n’étaient pas du tout repos pour les membres du gouvernement qui ont dû mettre la majorité des activités en stand-by durant l’examen de la Loi des finances rectificative 2019. Si un remaniement n’est pas prévu, les législatives pourrait amener un nouveau souffle au sein de l’Exécutif, souligne Les Nouvelles (p.2). En outre, Le Quotidien rappelle les dispositions mentionnées par l’article 54 de la Constitution « Le président de la République nomme le Premier Ministre, présenté par le parti ou groupe de parti majoritaire à l’Assemblée Nationale. » L’actuel chef de gouvernement a été présenté par l’ancienne majorité parlementaire, et il faut que le PM soit adoubé par la nouvelle majorité afin de se conformer avec la Constitution mais aussi dans cet esprit de légitimité démocratique. (p.3)

 

Focus sur la sécurité

MENACES À L’ENCONTRE DES MAGISTRATS : LE SMM HAUSSE LE TON

Un bras de fer s’engage entre le Syndicat des Magistrats de Madagascar et ceux qui exercent les pressions pour la libération des militaires incarcérés à Tsiafahy. Clément Jaona, président du SMM a martelé que les magistrats n’ont pas l’intention de céder facilement aux pressions. Ainsi, le SMM a convoqué la presse hier afin de dénoncer les pressions dont ses membres font l’objet sur le traitement du dossier pénal relatif à une affaire impliquant 27 militaires qui sont sous mandat de dépôt à la prison de Tsiafahy. « Laissez les juges faire leur travail. Si ces militaires sont incarcérés à Tsiafahy, c’est parce que les charges sont suffisantes pour ce mandat de dépôt. Ces militaires ont commis des actes répréhensibles par la loi. S’ils ont appréhendé trois individus qu’ils ont soupçonnés de détention illégale d’armes, ils devaient se conformer à la procédure prévue par la loi, au lieu d’avoir eu recours à l’exécution sommaire de ces trois individus. En tout cas, ce n’est pas la première fois que des éléments des forces de l’ordre ont commis des bavures. Ils ont perpétré des meurtres à Tsaratanàna et dans d’autres endroits de Madagascar, sans rappeler les cas de viol et de cambriolage dont certains d’entre eux ont été responsables » a déclaré le président du SMM, qui a précisé que les magistrats en charge de l’instruction dudit dossier reçoivent même des menaces de mort. « Pire encore, des militaires menacent qu’ils vont organiser une mutinerie si leurs frères d’armes ne sont pas libérés » a-t-il révélé. Pour le moment, on ignore l’identité de ces personnes qui font la pression mais Clément Jaona a affirmé que des membres d’institution et du gouvernement en feraient partie. Le ministre de la Défense nationale quant à lui a réitéré l’instauration de l’État de droit et le respect de la discipline au sein des forces de l’ordre. (Midi Madagasikara, p.3 ; La Gazette de la Grande Ile, p.11 ; Le Quotidien, p.3 ; Free News, p.3 ; Tia Tanindrazana, p.3). Les Nouvelles évoque que ceux qui exercent la pression auraient peur que les militaires en prison ne fassent de nouvelles révélations qui risquent de les impliquer également, selon les dires de Clément Jaona. « Les trois personnes retrouvées mortes à Antanifotsy auraient été tuées pour avoir détenu illégalement des armes d’après les informations. Les meurtriers n’auraient trouvé mieux que de les assassiner par peur d’une dénonciation sur l’origine de ces armes à feu. » A part des magistrats, le doyen des juges d’instruction aurait également subi des menaces. Joint au téléphone hier, le Chef d’État-major général de l’Armée malagasy, le Général Théophile Rakotonirina a rétorqué que « Comme toute personne faisant l’objet d’une poursuite judiciaire, ces militaires seront tôt ou tard jugés par la justice, qui aura le dernier mot dans cette affaire. » (p.3). Une source auprès du ministère de la Défense nationale a par ailleurs répondu que « il faut d’abord démasquer ceux qui font pression sur la Justice à travers Facebook. Nous croyons que ce sont peut-être le fait des proches ou autres amis des 27 militaires incriminés. Quant à nous qui sommes dans le commandement, nous ne faisons que nous plier à la loi en vigueur surtout quand on sait que l’affaire est pénale. » Concernant l’exaction des forces de l’ordre à Tsaratanàna, l’armée a répondu qu’ils sont en contact permanent avec les chefs de poste de la région, mais jusque-là, ils n’ont obtenu aucune confirmation, ni rapport sur les faits incriminant les forces de sécurité rapportés par le SMM. (La Vérité, p.6)

 

Vu sur le web

LE PARTI OTRIKAFO ET LE FMI INTERPELLENT SUR LES FREQUENTS DEPLACEMENTS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A L’ETRANGER

Elia Rabevahiny, secrétaire général du parti Otrikafo et Jean-Jacques Ratsietison leader du Fahefa-Mividy ho an’ny Malagasy ou FMI Malagasy ont été entendus dans les médias pour réagir sur la politique actuelle. Elia Rabevahiny a rappelé que c’est le sixième déplacement du président à l’extérieur mais que l’on n’a pas encore les apports de ces voyages jusqu’à présent. Selon le SG du parti Otrikafo, ces déplacements sont des dépenses inutiles opérées sur le dos des contribuables et qui sont loin de la politique d’austérité. Pour sa part, Jean Jacques Ratsietison revient à la charge et réitère que seule l’abrogation par décret du Marché Inter-bancaire des devises (MID) et l’application d’une parité fixe valorisant la monnaie nationale ariary résoudront le problème de pauvreté de la Grande Ile. Il est convaincu que tout le monde y trouve son compte, les consommateurs que les importateurs/exportateurs. (https://www.madagascar-tribune.com/Le-parti-Otrikafo-et-FMI-Malagasy-interpellent-sur-les-frequents-deplacements.html)

 

Un peu d’humour

 

Les Nouvelles, p.2