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Revue de presse du 14 juin 2019  

Revue de presse du 14 juin 2019   

 

Les quotidiens octroient une large couverture à la conférence de presse organisée par la CENI, hier. Elle fait état du bilan des élections législatives, qui est plus ou moins positif. Par ailleurs, la pression des candidats contestataires n’a pas baissée pour autant. Un collectif de candidats a saisi la HCC sur l’existence de plusieurs anomalies et irrégularités électorales, avec des preuves à l’appui. 

 

Foyer de tension électorale

UN COLLECTIF DE CANDIDATS SAISIT LA HCC

Deux jours avant la proclamation des résultats provisoires des Législatives par la CENI, un collectif d’une centaine de candidats s’est rendu à Ambohidahy pour saisir la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) sur des cas de fraudes électorales et d’anomalies. Ledit collectif est composé des candidats du TIM K-25 et de candidats indépendants répartis dans diverses circonscriptions électorales de Madagascar. Il se prévaut de détenir des preuves irréfutables des fraudes et des irrégularités qui ont été perpétrées lors des dernières Législatives. « Nous avons des preuves que l’actuel président de la République a fait campagne pour une catégorie des candidats. Nous avons également des preuves que des représentants de l’État, du Premier ministre aux chefs de fokontany en passant par des membres du gouvernement et des chefs de district ont usé des prérogatives de puissance publique pour influencer les électeurs à élire les candidats du parti au pouvoir. Et nous avons des preuves que des membres des démembrements de la CENI ont pris position en faveur des candidats » a martelé le candidat Mananjara Fidison du TIM K-25, porte-parole du collectif. Le groupement a lancé un appel à la HCC pour que l’instance fasse son travail en toute indépendance et dans le strict respect du principe de la neutralité. « Si nous avons décidé de recourir à la HCC, c’est parce que nous avons confiance en cette juridiction (…). Nous nous contentons pour le moment de tirer la sonnette d’alarme en apportant à la juridiction compétente toutes les preuves que nous avons entre nos mains. Nous pensons que ces preuves sont largement suffisantes pour être acceptées. Dans le cas contraire, nous verrons la suite car ce pays n’appartient pas à un seul individu», a déclaré Mananjara Fidison.  (Midi Madagasikara, p.4 ; Inona no Vaovao, p.2 ; Le Quotidien, p.3 ; Tia Tanindrazana, p.3) Après leur déplacement à Ambohidahy, les membres du collectif se sont donné rendez-vous au Live Hôtel Andavamamba pour effectuer un « déballage public des fraudes électorales ». Les candidats présents ont évoqué les anomalies manifestes dans leurs circonscriptions respectives. Parmi les problèmes récurrents évoqués figurent les anomalies concernant la liste électorale, la falsification des procès-verbaux et l’utilisation frauduleuse de cartes d’électeurs. (L’Express de Madagascar, p.3 ; Madagascar-Laza, p.3 ; La Gazette de la Grande île, p.10) - Les Nouvelles titre en Une les mauvais perdants menacent la HCC et déclare que les candidats ayant perdu ces élections d’après les tendances provisoires, multiplient les déclarations remettant en cause la transparence de ces élections. De l’avis du quotidien, ils contraignent en quelque sorte la Cour d’Ambohidahy à prendre une décision en leur faveur (p.3).

 

DENONCIATION D’ANOMALIES DANS LE DISTRICT DE MAROLAMBO

Plusieurs candidats députés dans le district de Marolambo ont organisé une conférence de presse, hier, pour dénoncer les anomalies électorales dans leur circonscription. Outre les imperfections au niveau de la liste électorale, ils ont relevé des irrégularités dans la procédure de dépouillement et d’établissement des procès-verbaux. À cet effet, ils ont pointé du doigt l’implication de responsables dans le rajout de voix en faveur du candidat Augustin Randrianasolo, dans la commune d’Ambatofasika II. « Le district de Marolambo est pénalisé par son enclavement. 15 communes dans le district sont privées d’infrastructures. Seules deux d’entre elles sont couvertes par les réseaux téléphoniques, ce qui rend difficile la surveillance du déroulement des scrutins » a déploré Lindbergh Ramasovelomanjaka, candidat de la plateforme IRD. Selon ses affirmations, tous les candidats de sa circonscription ont déjà déposé des plaintes auprès des autorités compétentes. (Free News, p.5)

 

Processus électoral

EVOLUTION DU TRAITEMENT DES RESULTATS PROVISOIRES

La CENI a organisé une conférence de presse, hier, pour partager le bilan des scrutins législatifs. Thierry Rakotonarivo, vice-président de la Commission, a fait savoir qu’Alarobia a déjà reçu les résultats émanant de tous les 119 districts. Les résultats dans 14 bureaux de vote ont cependant fait l’objet de procès-verbaux (PV) de carence. 6 d’entre eux dénotent des anomalies relatives aux élections, dont 3 ont trait à la non-tenue des élections dans les districts de Maintirano, de Mampikony et d’Ambovombe, et 3 sur le non-envoi des résultats au niveau des districts (Ambilobe et Ifanadiana). Les 8 autres PV de carence dans le district d’Analalava, feront l’objet d’une enquête particulière. Selon les informations fournies, les résultats ont été envoyés au niveau des SRMV (Sections de Recensement des Matériels de Vote), mais des anomalies seraient constatées et ont poussé ces dernières à dresser ces PV de carence. Selon les chiffres partagés par la Commission, le taux de participation aux scrutins législatifs a connu  une légère hausse par rapport à celui des élections présidentielles. En effet, 40,71% des électeurs ont participé au vote. Les électeurs de Beloha Androy ont été les plus zélés avec 63,93%, contrairement à ceux d’Antananarivo IV avec seulement 18,41%. En ce qui concerne la confrontation des PV, la CENI a reçu un millier de demandes mais seuls les PV dans 837 bureaux de vote répartis dans 23 districts ont été cautionnés. Sur ces 837, 4 PV ont démontré des différences au niveau des résultats, notamment, 2 dans le district de Soalala, 1 dans le district d’Arivonimamo et un dans le district d’Ambositra. Jusqu’à hier, la Commission a reçu 71 plaintes relatives aux irrégularités constatées lors de la campagne électorale et du jour du scrutin. Les requérants ont, encore, jusqu’à aujourd’hui pour déposer des plaintes y afférentes. Les recours en annulation des résultats seront à déposer auprès de la HCC du 15 au 17 juin prochains. (Midi Madagasikara, p.5 ; Madagascar-Laza, p.2 ; La Gazette de la Grande île, p.8 ; Inona no Vaovao, p.2 ; Le Quotidien, p.3 ; Tia Tanindrazana, p.5) En ce qui concerne les résultats du vote, les dernières tendances publiées par la CENI créditent la plateforme Isika rehetra miaraka amin’ny Prezida Andry Rajoelina (IRD) de près de 84 sièges. Les listes des candidats indépendants arrivent à la seconde position avec une cinquantaine de sièges devançant le parti Tiako i Madagasikara qui n’a provisoirement obtenu qu’une quinzaine de sièges. (La Vérité, p.2)

 

ANNONCE DE LA TENUE DES COMMUNALES

La CENI a profité de la rencontre avec la presse, hier,  pour avancer une proposition de calendrier pour les communales. Thierry Rakotonarivo, vice-président de la CENI, d’indiquer qu’au plus tôt les scrutins communaux et municipaux se tiendront vers la fin du mois de septembre, étant donné que le mandat des maires prendra fin le 22 septembre. En effet, les textes électoraux imposent un délai d'au moins, 90 jours avant le vote pour la convocation des électeurs. Avec près de 1 700 circonscriptions électorales et deux opérations de vote simultanées, c'est-à-dire, l'une pour élire le maire et l'autre pour les conseillers municipaux ou communaux, l'organisation des scrutins communaux pourrait engendrer des dépenses conséquentes. Néanmoins, l'État dispose de deux alternatives. Disposant du pouvoir de légiférer par ordonnance, le président de la République Andry Nirina Rajoelina peut, en effet, rallonger le mandat des maires ou les remplacer par des Présidents de Délégation Spéciale (PDS). La CENI prévoit de tenir une assemblée générale, la semaine prochaine, afin de voir les modalités d'organisation des élections des maires et conseillers municipaux.  (Les Nouvelles, p.2 ; La Vérité, p.2 ; La Gazette de la Grande île, p.7 ; Tia Tanindrazana, p.2) Lors d’une conversation téléphonique avec L’Express de Madagascar, Thierry Rakotonarivo a précisé que la course à l’Assemblée nationale aurait englouti une grande partie du budget prévu pour les élections, cette année. Le budget pour l’organisation des communales serait donc moins conséquent. Le Projet de Soutien au cycle électoral à Madagascar (SACEM), qui rassemble les contributions financières internationales ne concerne, d’autant plus, que les présidentielles et les législatives. (p.5)

 

Focus sur la sécurité

OPERATION DE PACIFICATION. DES BAVURES MILITAIRES DENONCEES

L’opération de pacification dédiée à rétablir la sécurité en milieu rural, initiée par le ministère de la Défense nationale, a eu un impact négatif. D’après le bilan effectué, 34 militaires ont été placés sous mandat de dépôt suite à la dégénérescence de quelques membres des forces de l’ordre dans l’accomplissement de leur mission. 27 soldats dont des officiers du Régiment de force d’intervention (RFI) Ivato, déployés pour le rétablissement de l’ordre dans le district d’Ambohimahasoa, sont inculpés dans l’assassinat de 3 individus à Ampitatafika Antanifotsy. 3 militaires ont été inculpés de viol de mineurs dans le district d’Isandra. 3 autres sont accusés d’ivrognerie et de menace envers les civils dans la localité de Beravina Maintirano. En outre, un militaire est suspecté d’infraction à Morondava. Ces éléments sont actuellement placés en détention préventive à la maison de force de Tsiafahy. À titre de rappel, le domaine disciplinaire diffère du domaine pénal. Comme l’explique un haut-gradé contacté par Les Nouvelles, le supérieur hiérarchique est libre de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de ses subordonnés, voire même de les placer en détention dans le camp militaire, suivant le Code de justice pour le service national, sans dépendre de poursuites pénales, qui peuvent avoir lieu. (p.4) Dans le même contexte, L’Express de Madagascar a particulièrement dénoncé les bavures perpétrées par les militaires envoyés depuis Antananarivo, dans le district de Tsaratanàna, dans le cadre de la mission de pacification. Se basant sur des témoignages concordants, le quotidien révèle qu’un bataillon a commis un meurtre suivi d’incendie et de violences sexuelles dans la commune de Sakoamadinika, situé à 80 kilomètres du chef-lieu de district. (p.11)

 

Un peu d’humour

 

Les Nouvelles, p.2