Chargement...
Chargement...
Désactiver le préchargement

Revue de presse du 5 août 2019  

Revue de presse du 5 août 2019   

 

Le débat suscité par le calendrier des communales continue d’accaparer les colonnes des quotidiens. Pour rappel, la date du 28 octobre proposée par la Commission Electorale Nationale Indépendante pour la tenue de ces élections n’a pas été retenue par le gouvernement.

 

Processus électoral

 

DEBAT SUR LE CALENDRIER DES COMMUNALES ET DES MUNICIPALES

Suite à la déclaration de Tinarivelo Razafimahefa, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, sur l’ajournement des communales, la suite du processus n’est pas déterminée. Ce report continue de susciter les débats. Conformément à l’article 52 de la loi organique relative au régime général des élections et des référendums, les élections doivent se tenir « durant la saison sèche de l’année, entre le 31 mai et le 30 novembre, sauf cas de force majeure prononcée par la juridiction compétente sur la saisine de la Commission électorale nationale indépendante ». Midi Madagasikara reste optimiste et souligne que la tenue des communales cette année est encore possible, notamment, si les membres de l’Exécutif sont tous de retour dans la capitale le 7 août après la période de vacances gouvernementales. En effet, si la CENI propose un report d’un mois par rapport au calendrier qu’elle a proposé à l’Exécutif, les ministres auront un peu moins de trois semaines pour adopter le décret de convocation des électeurs. Si la CENI n’est pas sollicitée à proposer un nouveau calendrier pour la tenue des communales cette année, deux scenarii sont possibles étant donné que le mandat des maires et des conseillers municipaux expirera le 28 septembre prochain. Soit la CENI évoque un cas de force majeure pour que les scrutins se tiennent cette année, mais pendant la saison des pluies. Soit les communales seront organisées au-delà du 31 mai 2020. Si le gouvernement choisit la seconde option, il y aura deux possibilités. La première consiste à proroger le mandat des maires et des conseillers municipaux. La seconde consistera à nommer des Présidents de délégations spéciales à la place de 1 695 maires. (p.2) Le Quotidien fustige le silence du gouvernement et de la CENI. Comme il le fait remarquer dans ses colonnes, « une semaine est passée, sans que la moindre explication n’ait été donnée sur les éventuelles raisons du report des élections communales et municipales prévues le 28 octobre ». Le journal redoute le vide administratif imminent suite à l’expiration du mandat des maires en exercice. Il met en garde contre toute perspective de nomination de PDS qui selon lui, décuplera l’animosité de la population envers les dirigeants. Selon son avis, la meilleure solution réside dans la prolongation du mandat des élus. (p.3)

  • Le député du parti « Tiako i Madagasikara » Emilien Ramboasalama, s’insurge contre la nomination d’un PDS à la tête de la Commune urbaine d’Antananarivo. « Il n’y a que deux motifs qui peuvent justifier la nomination d’un PDS, soit en cas de décès ou d’incapacité physique du maire en place, soit en cas de faute grave de gestion qui est préalablement sanctionnée par le Conseil municipal et précédée d’une condamnation judiciaire », a-t-il rappelé dans son discours lors d’une rencontre avec ses électeurs à Mahamasina, le 3 août à dernier. Selon son avis, une telle option ne peut s’expliquer que par un calcul politique malsain. (Midi Madagasikara, p.2 ; Madagascar-Laza, p.3 ; Tia Tanindrazana, p.2)
  • Les membres de la société civile, en l’occurrence le KMF-Cnoe et l’Observatoire SAFIDY, insistent sur la proposition d’une nouvelle date pour les élections, cette année. (L’Express de Madagascar, p.5) Le KMF-Cnoe se dit contre la nomination de PDS à la tête des mairies qui, selon son président Andoniaina Andriamalazaray, va à l’encontre des principes démocratiques. « Le mandat des maires devrait être prolongé (…) Le Président Andry Rajoelina se dit démocrate. En tant que tel, il est tenu de respecter les règles démocratiques et l’Etat de droit. Un démocrate ne nommera jamais une délégation spéciale au niveau des communes », a-t-il déclaré. Le KMF-Cnoe sensibilise également tous les acteurs sur la nécessité de mettre en place une règle du jeu claire avant le début des scrutins, mais surtout sur le respect des lois électorales. (Inona no Vaovao, p.2)

 

Dynamique politique

 

PREVISIONS POUR LA SESSION EXTRAORDINAIRE A LA CHAMBRE BASSE

L’alinéa 2 de l’article 76 de la Constitution fixe la durée d’une session extraordinaire du Parlement à 12 jours. Au cas où les ordres du jour ne  seront pas épuisés au cours de ce délai, le gouvernement prend un nouveau décret convoquant les parlementaires à une autre session. Se référant à la complexité des sujets à l’ordre du jour, Les Nouvelles semble être convaincu que les 12 jours ne vont pas suffire. Parmi les sujets qui seront abordés figure notamment la retouche du projet de loi portant statut de l’opposition. D’un côté, des élus issus de la formation majoritaire à l’Assemblée nationale estiment nécessaire la révision dudit texte et prévoient déjà des propositions d’amendements. De l’autre côté, des députés élus sous la bannière du parti TIM s’opposent fermement à la modification du texte. Selon le journal, cette opposition d’idée risque de prolonger la durée des débats. Au-delà des pourparlers, la procédure prévue par la loi pour l’adoption des textes réglementaires engage un temps conséquent. Ce projet de loi portant statut de l’opposition devrait en effet, être discuté en travaux de commissions. A la suite de quoi les 151 députés vont débattre en séance plénière et devront donner leur avis. Le quotidien prévoit encore de longs débats durant chacune de ces deux étapes qui dureront quelques jours. (p.3) L’Express de Madagascar rappelle que cette session extraordinaire sera également une occasion pour le Premier ministre Christian Ntsay de présenter son programme de mise en œuvre de la Politique générale de l’Etat. Comme l’annonce le quotidien, la lettre du locataire de Mahazoarivo, mais surtout ses actes devront montrer que sa reconduction n’est pas par défaut. Ainsi, le journal a mis en avant certains points, notamment le redéploiement de l’armada diplomatique dans les ambassades et l’amélioration des performances socioéconomiques. Il souligne en effet, que l’équipe gouvernementale devra mouiller un peu plus le maillot pour que les actions de l’Exécutif soient ressenties par les ménages. (p.3) Le Quotidien attend également la présentation du programme de mise en œuvre de la PGE qui permettra selon lui, de connaître la manière adoptée par les ministres pour concrétiser les treize engagements du président de la République. Selon son constat, en effet, les six premiers mois du gouvernement n’ont guère été concluants vu la situation économique « catastrophique » au pays. (p.3) Free News dément ce constat et soutient plutôt que le second semestre de l’Exécutif démarre sous les meilleurs auspices. Le quotidien met en avant les « bons points acquis par le gouvernement tant sur le plan économique que sur le plan politique ». Ainsi, le journal rappelle que le Fonds monétaire international vient de débloquer 46,7 millions de dollars dans le cadre de la 5ème revue de Facilité Elargie de Crédit, prouvant ainsi la bonne gouvernance du régime. Dans la même lignée, le média rapporte que le climat des affaires à Madagascar a connu une amélioration, comme le dresse le rapport « Doing business 2019 ». Il va même jusqu’à prévoir un taux de croissance de 5%. Sur le plan politique, le journal fait remarquer que la stabilité règne dans la Grande île, ce qui permettra prochainement la concrétisation de grands projets à l’instar de la construction de la nouvelle ville « Tanamasoandro ». (p.3)

 

DEBAT AUTOUR DU STATUT DE L’OPPOSITION

Inona no Vaovao dément l’idée selon laquelle le Chef de l’opposition doit obligatoirement avoir plusieurs députés au sein de la Chambre Basse. Selon la loi, le Chef de l’opposition doit être élu par les partis officiellement déclarés comme opposants. A cet effet, Rekany Mahajoro, Secrétaire général du « Parti humaniste et écologique » appuie que les autres partis de l’opposition ne peuvent être ignorés. « Certes, le poids politique de Marc Ravalomanana est indéniable. Toutefois, il ne semble pas considérer les autres partis de l’opposition », a-t-il regretté. Il rappelle que son parti a déjà déclaré officiellement être de l’opposition avant même qu’il se porte candidat à la législature à Toliara II. (p.3) Pour rappel, lors de la conférence de presse tenue à son retour après un séjour à Bruxelles, le leader du parti TIM, Marc Ravalomanana a déclaré que les hauts responsables de l’Union européenne et des pays puissants auraient décidé qu’il serait Chef de l’opposition. La Vérité n’accepte pas non plus cette « intronisation » et n’hésite pas à qualifier l’attitude de Marc Ravalomanana de « puérile, frisant le retour d’âge », d’autant plus que le Numéro Un du TIM se serait plaint auprès de ses interlocuteurs à Bruxelles de ne pas avoir été reçu par le Président Andry Rajoelina. (p.2)

  • Le parlementaire Emilien Ramboasalama a également profité de l’occasion pour réagir par rapport à ce qu’il appelle « la velléité du pouvoir de retoucher la loi portant statut de l’opposition. Modifier une loi qui n’est même pas encore appliquée relève d’une volonté d’instaurer un Etat de non-droit à Madagascar », a-t-il fustigé (Madagascar-Laza, p.3)

 

TROIS GROUPES PARLEMENTAIRES AU SEIN DE L’ASSEMBLEE NATIONALE

Le Parlement compte jusqu’ici trois groupes parlementaires à savoir, l’IRD (Isika rehetra miaraka amin’i Prezidà Andry Rajoelina), le TIM (Tiako I Madagasikara) et le GPR (Groupement parlementaire uni pour la République). Une dizaine de députés n’ont pas encore choisi de groupe. C’est le cas, par exemple, de Simon Nomenjanahary, député élu à Ambositra, qui entend rester « indépendant ». Il a toutefois assuré qu’il soutiendra le programme du président de la République. Pour rappel, le règlement intérieur de la Chambre Basse autorise les députés à « se grouper par affinités politiques au sein d’un groupe parlementaire (…) Les députés qui n’appartiennent à aucun groupe peuvent s’apparenter à un groupe, avec l’agrément du bureau de ce groupe ». (Les Nouvelles, p.3)

 

Focus sur la sécurité

 

CLÔTURE DU CONCLAVE DES GRANDS RESPONSABLES MILITAIRES

Le conclave des grands responsables militaires qui s’est déroulé pendant deux jours, à Ivato, a été clôturé hier. L’identification des failles ayant affaibli l’Armée et la recherche de solutions pour la renforcer figurent parmi les principaux objectifs de cette initiative. Les problèmes recensés concernent l’indiscipline et le non-respect de la loi, l’insuffisance des formations et des entraînements, ainsi que des exercices pratiques, sans oublier l’organisation et les problèmes dans la gestion des ressources humaines. Devant la presse, le Général Théophile Rakotonirina, Chef d’Etat-major général de l’Armée, a souligné la nécessité et l’ampleur du travail pour renforcer « la fraternité et la solidarité » au sein de la grande muette. Il concède que, dans les rangs, les agissements « d’éléments perturbateurs », nuisent à l’image mais surtout, à la cohésion de l’Armée. Rappelant l’implication des militaires dans les crises politiques vécues dans l’histoire du pays, le Général Rakotonirina a reconnu que « la politique affaiblit l’Armée ». Malgré tout, il mise sur l’unité et la solidarité. « C’est en restant unis que nous allons faire gagner l’Armée », a-t-il déclaré pour conclure son allocution. Madagascar-Laza ajoute que cette réunion à Ivato a permis de dresser le bilan des six derniers mois et de voir les perspectives pour les six prochains mois à venir. Dans cet axe, les dirigeants de chaque niveau ont été sensibilisés à mettre en avant la sécurité de la population et de ses biens. Des améliorations dans les méthodes avec lesquelles l’Armée exécute les ordres de sécurisation dans les zones rurales ont été abordées et discutées. Le ministre de la Défense a donné un ordre aux soldats de travailler dans le strict respect des ordres donnés en respectant les droits de l’Homme. (p.2) L’Express de Madagascar a recueilli l’avis du CEMGAM qui réitère qu’une « Armée forte n’a pas besoin de politique » et qu’une « Armée perméable à la politique est faible ». Cette faiblesse serait un terreau favorisant l’indiscipline et les déviances.  (p.5)

 

Un peu d’humour

L’Express de Madagascar, p.6