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Revue de presse du 7 août 2019  

 

La prestation de serment du nouveau patron du Bureau indépendant anti-corruption figure à la Une des quotidiens. En marge de la cérémonie, le Président Andry Rajoelina a annoncé notamment qu’il n’y aura pas de nomination de Présidents de délégations spéciales à la place des Maires.

 

Processus électoral

ANDRY RAJOELINA S’EXPLIQUE SUR LES COMMUNALES

Le Président Andry Nirina Rajoelina, s’est exprimé sur le remplacement ou non des Maires, bientôt en fin de mandat, par des Présidents de délégation spéciale. Ce fut hier, en marge de la prestation de serment du nouveau Directeur général du Bureau indépendant anti-corruption. Il a démenti toute intention de nommer des PDS. « Je suppose qu’il s’agit d’une information non fondée, puisque le gouvernement n’y a pas du tout pensé. Les maires seront évalués à partir de leur quatre années d’activités et le peuple évaluera leur compétence à travers les urnes aux prochaines élections », a-t-il spécifié, en soulignant l’importance du développement du pays. A l’entendre, le gouvernement devrait bientôt prendre une décision sur la date des prochaines communales. « Je consulterai la Commission électorale nationale indépendante et le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation sur la possibilité et la date de la tenue des communales », a-t-il continué. A cet effet, il a assuré qu’une décision sera prise en conseil des ministres d’ici la semaine prochaine au plus tard. D’emblée, il ne voit aucun inconvénient à ce que les scrutins se tiennent cette année ou l’année prochaine. « Chacun devra tout simplement accepter les résultats en respectant le choix de chaque électeur », a-t-il expliqué. (Les Nouvelles, p.3 ; Midi Madagasikara, p.3 ; Madagascar-Laza, p.3 ; La Gazette de la Grande île, p.11 ; La Vérité, p.3 ; Free news, p.3 ; Inona no Vaovao, p.2) Le Président a profité de sa rencontre avec les journalistes pour riposter aux critiques suite au rejet de la proposition de calendrier soumise par la CENI. « Tout comme vous, il me semble avoir entendu un parti politique dire que les élections communales ne devraient pas se tenir sans un assainissement préalable de la liste électorale (…) Alors que veulent-ils réellement, puisque ce parti avait indiqué qu’il irait jusqu’à ne pas y prendre part ? » a-t-il réagi. Pour rappel, le parti « Tiako i Madagasikara » avait posé comme préalable à sa participation aux communales « une révision spéciale » de la liste électorale. L’Exécutif s’est aligné à ces exigences. Le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation a stipulé en effet qu’une révision de la liste électorale est incontournable avant la tenue des scrutins. Le TIM a cependant rebondi sur le rejet du calendrier proposé par la CENI pour dénoncer « l’absence de volonté du gouvernement d’organiser les élections ». Le Secrétaire général dudit parti avait ajouté qu’une « révision spéciale » de la liste électorale ne devrait pas impliquer un report du calendrier proposé par la CENI. En outre, le Chef de l’Etat a démenti les rumeurs selon lesquelles le parti MAPAR n’aurait pas encore de candidats à présenter aux communales. « Les candidats aux communales sont déjà prêts, tout comme ce fut le cas lors des législatives. Je suppose qu’il n’y a aucune crainte sur le sujet et chaque citoyen connaît ses choix », a-t-il souligné. (L’Express de Madagascar, p.5 ; Tia Tanindrazana, p.3) Le Quotidien regrette que le président de la République soit resté évasif sur les raisons qui ont poussé l’Exécutif à ne pas valider le calendrier proposé par la CENI. Malgré les propos du Président, le quotidien doute que les élections se tiennent cette année. (p.4) Selon une source contactée par Madagascar-Laza, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation procède actuellement à une révision de la catégorisation des communes. Selon le quotidien, cette situation pourrait constituer l’une des raisons de la décision du gouvernement de ne pas avoir pris en compte la première proposition de la CENI. En effet, cette révision de la catégorisation des communes est une étape primordiale, voire obligatoire, pour pouvoir fixer à la fois le nombre de conseillers et le montant des cautions quant aux élections communales et municipales. (p.2)

 

LA CENI REITERE QU’ELLE EST PRÊTE A AFFRONTER L’ORGANISATION DES COMMUNALES CETTE ANNEE

La CENI dément qu’elle soit le facteur d’ajournement des élections communales. Joint au téléphone par Madagascar-Laza, Ernest Razafindraibe, Rapporteur général de la Commission, a fait savoir que l’institution est prête à affronter l’organisation des élections communales cette année. D’ailleurs, il ne manque pas de rappeler que la CENI a déjà proposé une première date, notamment celle du 28 octobre. Les membres de la Commission prévoient de se réunir ce jour, afin de discuter de la récente déclaration du président de la République. Pour rappel, la CENI a déjà envoyé les listes électorales auprès des fokontany, il y a quelques jours. Cette démarche entre dans le cadre du rétablissement des noms des électeurs qui auraient été réinscrits, soit à cause des opérations de dédoublement, soit à cause d’inscription automatique dans un bureau de vote autre que celui où les électeurs concernés ont voté lors des précédentes élections. « Il n’y aura pas de mise à jour de la liste électorale. Cette opération attendra la révision annuelle qui sera effectuée entre le 1er décembre et le 15 février », a cependant spécifié le Rapporteur général. (p.2)

 

SEUL UN NOMBRE RESTREINT DE CANDIDATS DEPUTES ONT DEPOSE LEUR COMPTE DE CAMPAGNE

Seuls 2 des 812 candidats aux dernières élections législatives ont déposé leur compte de campagne au niveau de la Commission de contrôle du financement de la vie politique. Il s’agit notamment d’un candidat élu dans la région Atsimo-Atsinanana et d’un candidat malheureux dans une circonscription de la capitale. Pour rappel, cette procédure est prévue par l’article 83 de la loi organique relative au régime général des élections et référendums. Les textes stipulent que « dans un délai de trois mois à compter de la proclamation des résultats définitifs, les candidats déposent le compte de campagne retraçant les recettes et dépenses en vue de l’élection ». Compte-tenu de la date de proclamation des résultats des législatives qu’est le 2 juillet, les candidats à ces élections ont encore jusqu’au 2 octobre pour régulariser leur situation. Les Nouvelles doute cependant que ce chiffre connaisse une évolution au vu des statistiques lors de la dernière élection présidentielle. En effet, seuls 20 sur les 36 candidats à cette élection ont déposé leur compte de campagne auprès de la CCFVP après la fin du délai de trois mois accordé par la loi. L’absence de sanction contre l’omission de cette procédure en serait la principale cause. (p.2)

 

LE MCFIE EXIGE LA REVISION SPECIALE DE LA LISTE ELECTORALE

Le Mouvement des citoyens contre les fraudes et irrégularités électorales, qui réunit des politiciens, dont 400 candidats-députés aux dernières législatives, des membres de la société civile et des citoyens, a organisé une réunion, à Toamasina, le 3 août dernier. Comme le nuance un candidat député membre de la plateforme, l’objectif de cette rencontre n’est pas de contester les décisions prises par la Haute Cour Constitutionnelle par rapport aux résultats des élections législatives tenues le 27 mai dernier, mais de prévenir les citoyens, de responsabiliser l’Etat et les différentes entités concernées par les élections pour que les irrégularités constatées jusqu’ici ne refassent plus surface lors des prochaines élections, notamment pour les communales et les municipales. Les membres du mouvement estiment que pour des élections crédibles, acceptées par tous et pour que les citoyens puissent adhérer pleinement aux opérations de vote lors des prochaines élections, il faut dissiper leur souci par rapport à ce qu’ils ont déjà vu jusqu’ici. Pour ce faire, le MCFIE évoque la nécessité absolue de la révision spéciale de la liste électorale avant la tenue des élections communales. « A l’issue du conclave tenu dans la capitale au mois de juillet et qui a permis de créer ce mouvement, il a déjà été dit qu’aucune élection ne devrait se tenir sans que cette révision de la liste électorale ne soit effective. Le report des élections suivi par les déclarations de toutes parts, notamment par les membres du gouvernement sur la nécessité de réviser la liste électorale, semble être une petite victoire dans ce combat », a déclaré Alain Mahavimbina, candidat député à Toamasina. (Le Quotidien, p.3)

 

Dynamique politique

LA REVISION DE LA LOI SUR L’OPPOSITION A L’ORDRE DU JOUR DE LA PROCHAINE SESSION EXTRAORDINAIRE

Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale a réitéré hier, que la retouche de la loi sur l’opposition sera au centre des discussions durant la prochaine session extraordinaire du Parlement, qui débutera le 12 août. En marge de la prestation de serment du nouveau Directeur général du BIANCO, elle a assuré que les députés étudieront en détails le projet de loi afin de le perfectionner. « Plusieurs passages de ce projet de loi sur l’opposition méritent des précisions. C’est pourquoi il faut l’amender. Nous devons faire en sorte que le texte qui va résulter de cette session extraordinaire permette de mettre en place une opposition digne de cette appellation », a déclaré le Numéro Un de Tsimbazaza. Toujours selon la présidente, la révision et la mise en vigueur de ce texte ne devraient pas prendre du temps. « Le gouvernement actuel n’affiche aucune opposition à l’application de ce projet de loi inspiré des principes de la démocratie républicaine », a-t-elle rassuré. (Les Nouvelles, p.3 ; Madagascar-Laza, p.2)

 

Focus sur la sécurité

LE NOUVEAU DG DU BIANCO DETERMINÉ A POURSUIVRE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET L’IMPUNITE

La cérémonie de passation de service entre l’ancien patron du Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) Jean Louis Andriamifidy et le nouveau Directeur général, Laza Eric Donat Andrianirina s’est tenue hier. Lors de son discours, le nouveau numéro Un de l’organe d’Ambohibao a réaffirmé sa volonté de poursuivre la lutte contre la corruption et l’impunité, déjà entamée. « Il est de ma responsabilité et un défi de mener à  bien la lutte contre la corruption, en mettant un accent particulier sur la lutte contre l’impunité. Le changement est possible avec une bonne volonté, surtout avec le refus de corrompre et d’être corruptible », a-t-il déclaré, en se fixant comme challenge l’application de la loi contre tout délinquant, sans exception et sans entrave. Il a reconnu cependant que certains critères sont indispensables et doivent être respectés : « Le BIANCO a besoin de moyens, que ce soit au niveau des textes de lois que sur le plan financier ». A cela s’ajoute la volonté politique des dirigeants et de tous les acteurs œuvrant dans la lutte contre la corruption, qu’il s’agisse de la société civile, du Système de lutte anti-corruption ou des simples citoyens. Le nouveau visage de la guerre contre la corruption est conscient du poids de sa nomination : « La population attend des résultats rapides dans les investigations menées par le BIANCO, surtout en matière de grande corruption. En outre, derrière ce choix témoigne d’une confiance à ne pas décevoir. Je tiens ainsi à remercier le Chef de l’Etat d’avoir pris cette décision », a-t-il indiqué. Rassurant les partenaires techniques et financiers, Laza Eric Donat Andrianirina entend mettre en œuvre trois objectifs dans la lutte, à savoir la responsabilité à travers l’éducation, la surveillance de la gestion des deniers publics et l’application stricte des lois. De son côté, le président de la République Andry Rajoelina, a affiché sa satisfaction quant à cette nomination. « Je laisserai le BIANCO travailler en toute indépendance (…) La première initiative sera de lutter contre la gabegie au sein de l’Etat », a-t-il souligné. (L’Express de Madagascar, p.3 ; Les Nouvelles, p.2 ; Midi Madagasikara, p.4 ; Madagascar-Laza, p.3 ; Le Quotidien, p.3 ; La Gazette de la Grande île, p.9 ; La Vérité, p.3 ; Free news, p.2 ; Inona no Vaovao, p.3)

 

Style et déontologie

 

La Gazette de la Grande île a dressé un bilan négatif de la gestion de la Commune urbaine d’Antananarivo par le Maire Lalao Ravalomanana. Selon le constat du journal, « le Premier magistrat de la ville n’a quasiment apporté aucun changement dans la capitale en un peu moins de quatre ans (…) Ainsi, elle a failli à sa mission ». Le quotidien n’hésite pas à utiliser des termes sexistes à l’endroit de la Mairesse en déclarant qu’elle « s’est réduite en une marionnette au service de son mari ». Le média suppose, en effet, que toutes les décisions prises par l’ex Première Dame pourraient être conditionnées par l’aval de Marc Ravalomanana. Il l’accuse d’être trop occupée aux querelles politiques et à la recherche d’intérêt personnel. (p.5)

 

Un peu d’humour

Les Nouvelles, p.2