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Revue de presse du 6 août 2019  

Revue de presse du 6 août 2019   

 

L’heure est à la rentrée administrative. Après quelques jours de vacances, le président de la République et les membres du gouvernement reprennent leur fonction à partir d’aujourd’hui. Ils devront se pencher sur plusieurs dossiers prioritaires dont les élections communales.

 

Processus électoral

 

CALENDRIER DES COMMUNALES. LE DEBAT CONTINUE

Le débat sur le calendrier des communales est loin d'être clos. A ce jour, aucune explication émanant du gouvernement n'a été avancée pour justifier sa position de ne pas avoir retenu la date proposée par la Commission Electorale Nationale Indépendante. En outre, l’Exécutif n’a pas encore adressé une demande de calendrier des communales et municipales à la CENI. (Madagascar-Laza, p.2) Le fait d’invalider le calendrier des élections avancées par la CENI suscite les interprétations dans le microcosme politique. Les bruits sur une campagne de manipulation d'opinion focalisée sur l'installation de Présidents de délégations spéciales, commencent à circuler. Ainsi, lors d'un meeting organisé dans le 4ème arrondissement de la capitale, le député du Tiako i Madagasikara, Emilien Ramboasalama a réitéré que la nomination d'un PDS à la tête de la Commune urbaine d'Antananarivo est catégoriquement inadmissible. L'Express de Madagascar craint que le remplacement du Maire Lalao Ravalomanana par un PDS n'ouvre un autre champ de bataille entre les dirigeants en place et le parti TIM de l'ancien Président Marc Ravalomanana. Certains analystes politiques rappellent, en effet, que la décision de nomination d'un PDS est attaquable auprès du Conseil d'Etat. (p.5) Ayant repris du service après une dizaine de jours de vacances, le Chef de l’Etat devrait incessamment se pencher sur la question. Comme le suggère Midi Madagasikara, il faudrait s'atteler au changement des textes en vigueur. Le journal ne manque pas de saluer la bonne foi du président de la République qui selon lui, n’a pas usé ni abusé de son pouvoir de légiférer par voie d’ordonnance pour retailler le Code électoral à sa mesure ou dans l’intérêt de sa mouvance. (p.3) Dans la même lignée, les membres du gouvernement reprendront leur fonction à partir d’aujourd’hui, après deux semaines de vacances. Les Nouvelles précise que les ministres devront scruter de près plusieurs questions autour de l’organisation des communales, même si la date prévue par la CENI n’a pas été retenue. Comme l’a indiqué Tianarivelo Razafimahefa, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, plusieurs points devront être réétudiés avant de passer aux élections, cela sans compter l’élaboration du projet de modification de la loi sur l’opposition qui sera soumis au Parlement dans une semaine. (p.2) En tout cas, Fano Rakotondrazaka, Rapporteur de la CENI, a déclaré que la Commission est prête à organiser les communales, même en dehors de la période sèche. Pour l’heure, la CENI attend la consigne du gouvernement. (Tia Tanindrazana, p.2)

 

 

L’UTILISATION DE FACEBOOK INFLUENCE LA MOTIVATION DES ELECTEURS A ALLER AUX URNES

La CENI a participé récemment à l’assemblée du Réseau des compétences électorales francophones (RECEF). L’abstention au vote figure parmi les points discutés lors de cette rencontre annuelle. L’une des principales causes évoquées, lors de la réunion, concerne la circulation d’informations sur le réseau social Facebook. Plus précisément, plusieurs rumeurs et fausses informations sont véhiculées sur le réseau durant les périodes électorales. La CENI, en particulier, est consciente de l’arme à double tranchant que représente Facebook. La Commission reste cependant convaincue que ce réseau peut être exploité dans le cadre du renforcement des campagnes de communication. (Inona no Vaovao, p.2)

 

Dynamique politique

LE TIM PREVOIT DE DEPOSER UNE PROPOSITION DE LOI REGISSANT LES PARTIS DE L’OPPOSITION

Le débat sur la loi portant statut de l’opposition continue d’animer le microcosme politique. Le gouvernement prévoit de présenter un projet de loi, régissant les partis de l’opposition, lors de la session extraordinaire du Parlement qui va débuter le 12 août prochain. Madagascar-Laza annonce que le parti TIM aurait devancé le gouvernement en déposant une proposition de loi régissant les partis de l’opposition auprès du Bureau permanent de l’Assemblée nationale. Le journal s’attend ainsi à des débats houleux au sein de l’Hémicycle durant la prochaine session extraordinaire. En effet, les partis qui se sont déjà déclarés appartenir à l’opposition veulent consolider les acquis dans la loi existante. Conformément aux dispositions constitutionnelles, cette loi prévoit une position assez confortable au sein de la Chambre Basse où le chef de l’opposition officiel occupe le siège de vice-président et dispose d’un cabinet digne d’un chef d’institution. Néanmoins, même si le débat sera animé, le média rappelle que le vote pour l’adoption sera à sens unique, puisque les députés de la coalition « Isika rehetra miaraka amin’i Prezidà Andry Rajoelina » et les députés indépendants soutiennent l’Exécutif. Le journal conclut que le TIM, seul, aura du mal à faire passer sa proposition. Il estime que tous les partis de l’opposition, en l’occurrence le MANDA, la DHD, le TAMAMI et le parti Humaniste et économique devraient trouver un commun accord pour soutenir ensemble la place que devra tenir l’opposition. (p.2)

  • De l’avis de Lalatiana Ravololomanana, présidente du parti MANDA, le fait de déposer un projet de loi régissant les partis de l’opposition va à l’encontre du « Velirano » (ou Initiative pour l’Emergence de Madagascar) du président de la République. « Le premier point de l’action 100 de l’IEM stipule le renforcement de la capacité d’action des acteurs du jeu politique à travers la définition d’un cadre juridique et politique déterminant les droits et devoirs de l’opposition. Ce point figure déjà dans le titre 3 de la loi 2011-013 portant Statut de l’opposition. Le deuxième point de l’IEM mentionne que l’opposition sera désormais placée dans un cadre normalisé pouvant garantir l’effectivité et la jouissance des droits et obligations. Et c’est déjà mentionné également dans la loi 2011-013 dans son titre 4. Je m’interroge personnellement sur les points et les dispositions que l’Exécutif veut modifier. C’est le troisième point dans cette action 100 de l’IEM qui est un peu flou. Il y est mentionné l’adaptation des textes dans l’objectif de l’IEM. Quel est donc l’objectif de l’IEM ? Quelles dispositions de la loi existante ne sont pas adaptées aux objectifs de l’IEM ? Les droits et obligations de l’opposition sont déjà évoqués et définis à la fois dans la Constitution, dans la loi 2011-013 et dans l’IEM. A quoi donc servirait une nouvelle loi ? », se demande la politicienne. (Madagascar-Laza, p.3)

 

DEBAT AUTOUR DU LIMOGEAGE DE QUELQUES CHEFS FOKONTANY

18 présidents de fokontany et 4 vice-présidents ont été démis de leurs fonctions au mois d’avril dernier, c’est-à-dire quelques semaines avant l’ouverture de la campagne des législatives du 27 mai. Le motif officiellement évoqué est que, ces chefs fokontany ont déjà fait au moins dix ans de service. Midi Madagasikara dénonce une décision politique. Le journal fait remarquer que certains de ces chefs administratifs n'ont exercé que pendant quatre ou cinq ans, et qu'ils n'ont pas encore touché leurs indemnités de quatre mois. « Tous les 27 chefs fokontany du 5ème Arrondissement de la capitale ont signé un engagement de soutien à une candidate qui voulait se présenter sous les couleurs du parti au pouvoir. Un ancien député voulait aussi se porter candidat sous l’étiquette de ce parti. Il a tout fait pour tortiller notre soutien et est allé jusqu’à réclamer notre remplacement alors que nous n’avons commis aucune faute professionnelle », a expliqué l’un des chefs fokontany limogés, interviewé par le média. Ils ont demandé l’annulation de l’acte d’abrogation pris par le Préfet de police auprès du Tribunal administratif, mais jusqu’à présent, celui-ci n’a pas encore tranché. En attendant, les concernés veulent attirer l’attention des autorités supérieures sur leur situation. (p.3)

 

REPRISE DES ACTIVITES DU SENAT A PARTIR DU 12 AOÛT

Après cinq mois de vacances, les sénateurs reprendront les travaux d’adoption de loi la semaine prochaine, avec l’ouverture d’une session extraordinaire qui débutera le 12 août. En effet, lorsque l’Assemblée nationale ne siège pas, le Sénat ne peut discuter que des questions dont le gouvernement l’a saisi pour avis, à l’exception de tout projet législatif. Le mandat des députés de la précédente législature a expiré le 5 février 2019. Les nouveaux qui ont été élus à l’issue du scrutin du 27 mai se sont réunis en session spéciale pour la constitution de leur bureau permanent le 9 juillet dernier. La vacance a duré 5 mois durant lesquels une session ordinaire de 60 jours devait se dérouler. Malgré l’ordonnance prise par le président de la République qui réduit à 18 le nombre des sénateurs, le Sénat qui se réunira lundi prochain sera encore composé de 63 membres dont 43 élus et 21 désignés. Le devis estimatif des dépenses à engager pour la tenue de la future session extraordinaire, récemment envoyé au ministère de l’Economie et des Finances, a été calculé sur la base de ce Sénat à 63 membres. (Midi Madagasikara, p.2)

 

Focus sur la sécurité

 

PRESTATION DE SERMENT DU NOUVEAU PATRON DU BIANCO, CE JOUR

Le nouveau directeur du Bureau indépendant anti-corruption, Laza Donat Andrianirina, prêtera serment ce jour, à Anosy. Selon les informations fournies par la Présidence, le Chef de l’Etat honorera de sa présence la séance. Très attendu par les observateurs, le juriste aura la lourde tâche de poursuivre la lutte contre la corruption pour améliorer la situation à Madagascar qui se trouve encore largement en-dessous de la moyenne du continent africain. En effet, d’après le dernier classement de Transparency International, la Grande île se trouve au 152ème rang sur 180 pays, avec un indice de perception de corruption de 25 sur 100, en 2018. L’engagement des responsables étatiques qui ne cesse de clamer leur intention de mettre un terme à ce fléau devrait favoriser cette lutte. En février dernier, le président de la République avait annoncé la tolérance zéro et l’exemplarité des sanctions, ainsi que la lutte contre les marchés fictifs et les corruptions au sein des collectivités territoriales décentralisées, des services fonciers, de la Justice, de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale, de l’éducation nationale, de l’environnement, de la douane et des impôts. (Les Nouvelles, p.3 ; Le Quotidien, p.3 ; https://www.madagascar-tribune.com/ )

 

PRESENTATION DE L’AVANT-PROJET DE LOI SUR LA COMMUNICATION

Après deux mois de travail, l’avant-projet de loi sur la communication a été présenté hier, au Carlton Anosy. D’emblée, Lalatiana Rakotondrazafy-Andriatongarivo, ministre de la Communication et de la Culture a défendu que ce nouveau texte prend en compte les revendications du Mouvement pour la liberté de presse (MLE). Huit principaux points ont été modifiés dans la législation mère. (Tia Tanindrazana, p.3 ; Les Nouvelles, p.2) La première innovation apportée au texte régissant le métier du journaliste, et les activités médiatiques en particulier, concerne le qualificatif juridique. En outre, l'avant-projet de loi prévoit une hausse des amendes pour les délits de presse. Bien que les journalistes soient à l'abri de peines d'emprisonnement, la loi dispose de lourdes amendes en cas d'infraction de presse. « Cette nouvelle loi devra permettre à tous les citoyens de se sentir en sécurité contre d'éventuels abus ou dérive de la profession. C'est la raison pour laquelle nous avons revu à la hausse certains montants des amendes concernant certains délits afin qu'elles soient dissuasives », a justifié la ministre de la Communication. Par rapport à l'ancienne version, le plancher de l'amende en cas d'atteinte à la vie privée a été ramené à 3 millions d'Ariary contre 1 million d'Ariary actuellement. Celle concernant la diffusion d'information mensongère prévoit 5 millions à 10 millions d'Ariary contre 3 à 6 millions d'Ariary dans la loi actuelle. (L'Express de Madagascar, p.5 ; Madagascar-Laza, p.3) Un des points prévus dans l'avant-projet de loi concerne par ailleurs, la couverture nationale pour toutes les stations audiovisuelles qui est cependant conditionnée par le basculement vers la Télévision numérique terrestre (TNT). « La couverture nationale est reconnue à tous les médias publics et privés sous réserve de leur basculement vers le mode de transmission TNT et à la législation y afférente. Leurs cahiers des charges déterminent les moyens de transmission et de diffusion autorisés », prévoit le texte. Plus précisément, pour prétendre à une couverture nationale, les stations audiovisuelles privées malgaches devront oublier le côté généraliste. Elles devront choisir entre sept thèmes pour bénéficier d'une licence correspondante comme l'information, le sport ou les divertissements. L'attribution des licences pour chaque thème se fera par appel d'offres. Ce sera à l'Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée (ANRCM) d'instruire les dossiers d'appel d'offres pour l'attribution des licences de diffusion de programmes. (Le Quotidien, p.) Free News et La Vérité précisent que l’avant-projet de loi prévoit également le désengagement total de l’Etat par rapport à l’Ordre des journalistes, aux droits et avantages fiscaux et douaniers aux journalistes et organes de presse, à la restructuration de l’ANRCM et à la mise aux normes de la presse en ligne. (p.2 et 3)

 

 

Un peu d’humour

L’Express de Madagascar, p.3