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Revue de presse du 1er août 2019  

Revue de presse du 1er août 2019   

 

Le report des élections communales continue de susciter des réactions. Une partie de l’opinion publique insiste sur la tenue des scrutins cette année. Toujours sur le plan politique, le camp Ravalomanana se trouve sous les feux des critiques. 

 

Processus électoral

LE REPORT DES ELECTIONS COMMUNALES CONTINUE DE SUSCITER LE DEBAT

Le gouvernement confirme le report des élections communales. Dans une note, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation explique la décision de ne pas tenir la proposition de calendrier pour les élections communales proposée par la Commission électorale nationale indépendante, en arguant la nécessité de révision de la liste électorale. Ce constat découle des multiples doléances suite aux deux tours de la présidentielle et des législatives. En effet, plusieurs électeurs se sont plaints de ne pas avoir retrouvé leurs noms dans cette liste. Comme le souligne Le Quotidien, le parti « Tiako i Madagasikara », en particulier, fait partie de ceux qui réclament la correction de la liste électorale avant toute nouvelle élection. La formation politique s’érige cependant contre le report des scrutins. Le journal estime qu’il suffirait d’une volonté politique pour prendre les aménagements légaux nécessaires afin de permettre une révision spéciale du document (p.3). Le KMF/CNOE semble adopter la même vision. Suite à une réunion focalisée sur la relecture de la Constitution, l’OSC insiste sur la possibilité d’organisation des élections communales cette année. Se référant aux exigences de l’article 52 de la loi organique 2018-008 relative au régime général des élections et des référendums, les textes permettent encore la tenue des scrutins jusqu’au 30 novembre 2019. Cette suggestion a été avancée afin d’éviter un vide institutionnel et le remplacement des maires en fin de mandat par des Présidents de Délégations Spéciales. Toutefois, la société civile estime qu’il est impératif de respecter les lois qui interdisent la retouche de la liste électorale en dehors du RALE et en l’absence de disposition légale, ce malgré le fait que la liste présente plusieurs imperfections. Aussi, le KMF/CNOE incite les responsables étatiques à adopter les mesures adéquates. Touchant mot concernant les autres aspects des affaires nationales, l’OSC a déploré l’absence de décret d’application relatif à la loi portant statut de l’opposition. Le KMF/CNOE regrette que les dirigeants actuels priorisent plutôt la modification de la loi. Ainsi, la société civile exige la prise d’un décret d’application dès son adoption par l’Assemblée nationale et sa promulgation par le président de la République. (Madagascar-Laza, p.3 ; Midi Madagasikara, p.13) La Vérité laisse entendre que l’Exécutif est encore en pleine concertation. Le journal indique qu’aucune décision n’a encore été prise concernant le sort des maires, notamment si leur mandat sera prorogé ou s’ils seront remplacés par des PDS (p.3). Tia Tanindrazana avance pourtant déjà qu’Augustin Andriamananoro, ancien ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques et actuel Directeur des projets présidentiels, serait pressenti au poste de PDS de la ville d’Antananarivo. Le quotidien dénonce les velléités politiques du régime qui selon lui, n’hésitera pas à débloquer des fonds et pour appuyer les actions du PDS et pour renforcer les campagnes de communication afin de prouver à l’électorat que la capitale est mieux gérée sous son égide (p.3). Abordant le sujet sous un tout autre angle, Les Nouvelles fait remarquer que l’éventuel report des élections communales semble profiter aux pressentis candidats. Selon le constat du quotidien, ces derniers semblent même profiter de ce report pour bien se préparer. C’est ainsi le cas du candidat du parti Tiako i Madagasikara dans la Commune d’Antsirabe I, Guy Rivo Randrianarisoa qui a organisé une cérémonie de présentation au cours de cette semaine. Comme cet ancien député qui a été longtemps domicilié dans le 5ème arrondissement de la capitale, sa candidature risque d’être refusée si les scrutins se tiennent le 28 octobre. La loi exige en effet que celui qui veut se présenter aux élections municipales réside dans sa commune de prédilection au moment de sa candidature. Avec ce report, Guy Rivo Randrianarisoa pourrait ainsi régulariser sa situation. De leur côté, les maires en fin de mandat qui attendent la décision du gouvernement par rapport à leur remplacement ou pas, profitent également des quelques jours de sursis pour convaincre une fois de plus leurs électeurs. Certains d’entre eux ont, en effet, déjà confirmé leur candidature comme c’est le cas de l’actuel maire de la commune d’Ivato, Penjy Randrianarisoa (p.3).

 

Dynamique politique

BRAS DE FER ENTRE LA CUA ET LES MARCHANDS D’ANOSIBE

Le projet de construction de pavillons sur le parking du marché d’Anosibe, initié par la Commune urbaine d’Antananarivo est source de conflits. Suite à une échauffourée qui a eu lieu dans la matinée de mardi dernier sur ce lieu, la Préfecture de police d’Antananarivo a émis une note de service suspendant les travaux de construction afin de préserver la sécurité et l’ordre public. La note en question constate que le projet provoque une indignation et révolte vis-à-vis des commerçants et des utilisateurs de ce parking. Le calme est revenu après un dialogue entre les deux partis. Privilégiant la voix des manifestants, La Vérité et Inona no Vaovao ont annoncé que les commerçants et les usagers comptent poursuivre la grève jusqu’à l’annulation définitive des travaux. Les deux journaux rapportent que  les manifestants composés de commerçants, des utilisateurs du parking et de quelques délégués du marché ont sollicité l’appui du pôle anti-corruption et du Bureau Indépendant anti-corruption pour l’ouverture d’une enquête. D’après leurs explications, les responsables au sein du marché veulent encore poursuivre les travaux malgré l’avertissement de la Préfecture. Ils soupçonnent alors une affaire de corruption dans la construction de ces infrastructures (p.7 et p.3). Madagascar-Laza pour sa part a donné la parole aux officiels. Ainsi, selon les précisions apportées par Angelo Ravelonarivo, Préfet de police, la CUA n’a encore envoyé, ni la note de délibération, ni l’arrêté y afférents pour le contrôle de légalité. En effet, selon les textes, tout acte assumé par les collectivités territoriales décentralisées doit passer par un contrôle de légalité du représentant de l’État compétent. Toujours dans les colonnes du quotidien, la CUA a défendu que ces constructions ont été réalisées dans l’intérêt des commerçants de la place. « De nombreux commerçant d’Anosibe ont formulé la demande de construction de pavillon à la mairie. Le maire Lalao Ravalomanana a alors approuvé ces requêtes en proposant le projet au Conseil, qui à son tour, a délibéré positivement » a expliqué hier Riana Randriamasinoro, Secrétaire général de la CUA. Il souligne que la commune a suivi toutes les procédures légales relatives à ces travaux de construction (p.3).

 

MARC RAVALOMANANA A LA TÊTE DE L’OPPOSITION. L’IDEE NE FAIT PAS L’UNANIMITE

Alors que la loi portant statut de l’opposition est au cœur des discussions politiques, Le Quotidien revient sur le discours du président Andry Nirina Rajoelina, lors du débat télévisé du 16 décembre 2018. « Je laisserai librement monsieur Ravalomanana devenir chef de l’opposition lorsque j’arriverai au pouvoir » a-t-il déclaré en réponse à la question posée par le journaliste Johary Ravaojanahary. « L’un de vous deux sera automatiquement amené à devenir chef de l’opposition. Est-ce que l’un laisserait donc librement l’autre à devenir ce chef de l’opposition ? ». Sans hésitation, le candidat numéro 13 avait répondu par l’affirmative. « C’est ce qui est prévu par le statut de l’opposition que nous avons élaboré » a surenchéri l’ancien président de la Transition. Le quotidien s’étonne donc qu’aujourd’hui le camp Rajoelina montre peu d’enthousiasme à officialiser ses propos. Le journal redoute même que le régime concocte un nouveau projet de loi qui mettra à l’écart l’ancien président Marc Ravalomanana. Selon les informations recueillies par le média, ce nouveau projet prévoirait que le chef de file de l’opposition soit obligatoirement un élu, un parlementaire (p.4). Très critique envers Marc Ravalomanana, La Gazette de la Grande île estime que cet ancien président ne mérite pas le « rôle honorable de chef de l’opposition officiel ». Dans sa chronique, le quotidien rappelle que du temps de son mandat, les autres partis politiques ne pouvaient disposer de l’espace de liberté nécessaire pour participer pleinement et sans entrave à l’animation de la vie politique. Il va même plus loin en accusant Marc Ravalomanana de « n’avoir aucun sens de l’alternance démocratique ». Dans ce sens, le média met en garde le régime en place en indiquant notamment qu’avaliser l’ambition de président du TIM équivaut à « se torcher avec une lame de rasoir » (p.8). Adoptant le même ton, Free News dénonce l’impatience de Marc Ravalomanana et son « auto proclamation » à la tête de l’opposition. Le journal voit d’un mauvais œil ses déplacements à l’extérieur, durant lesquels il se serait arrogé le titre de « chef de l’opposition ». Ainsi, le média n’hésite pas à le traiter « d’usurpateur ». (p.2)

 

PROGRAMME DE L’ASSEMBLEE NATIONALE

Les Nouvelles et Inona no Vaovao informent que les députés bénéficieront d’une formation sur les lois régissant le travail, octroyée par l’Organisation internationale du travail à partir du mois de septembre, juste après la session extraordinaire de la Chambre basse qui débutera le 12 août. « L’objectif est de permettre aux députés d’élaborer une proposition de loi relative à l’accord sur les lois du travail, signé récemment à Genève » a indiqué Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, hier, en marge de sa rencontre avec le directeur adjoint de l’OIT. À titre de rappel, Madagascar a déjà pu ratifier six accords sur le sujet le mois de juin dernier par le biais du président de la République. « Parmi ces textes figurent les travaux forcés, l’exploitation des femmes dans tous les domaines ou encore le travail des mineurs » a souligné le Numéro Un de la Chambre basse (p.2). Madagascar-Laza, pour sa part, annonce que le remplacement des parlementaires attendra la rentrée de la Haute Cour Constitutionnelle qui est en vacances jusqu’au 12 août. Pour rappel, deux sièges sont vacants au sein de m’Assemblée nationale, notamment ceux d’Irmah Naharimamy et de Marie Volahaingo Thérèse qui ont dernièrement été nommées à des postes ministériels. (p.2) Sur le même sujet, Le Quotidien attire l’attention des lecteurs sur la vacance des postes occupés par Hasimpirenena Rasolomampionona, député élu à Fandriana et Ludovic Adrien Raveloson, député élu à Mahabo, qui sont toujours placés sous mandat de dépôt. Le journal s’attend prochainement à une constatation de vacance de poste émise par la présidente de l’Assemblée nationale (p.3).

 

EVALUATION DE LA CPIA. MADAGASCAR S’EN SORT AVEC UNE NOTE DE 3,3 SUR 6

Le rapport 2018 de l’Évaluation des politiques et des institutions en Afrique (CPIA) accorde une note de 3,3 sur 6 à Madagascar. À titre d’information, le CPIA est un outil de diagnostic annuel destiné à mesurer la qualité des structures politiques et institutionnelles publiques, et leur capacité à soutenir une croissance durable et à réduire la pauvreté. Ce rapport attribue à chaque pays des notes selon 16 critères, ainsi qu’un score global. Son objectif est de renseigner les pouvoirs publics sur l’impact de leurs efforts déployés pour soutenir la croissance et lutter contre la pauvreté. Les notes obtenues servent aussi à déterminer le volume des prêts concessionnels et les dons que la Banque mondiale accorde au pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne. Pour le cas de Madagascar en particulier, le groupe le plus performant est celui relatif à la gestion économique (3,7 points). Le moins performant concerne la gestion et les institutions du secteur public (2,8 points). (Midi Madagasikara, p.20 ; Madagascar-Laza, p.3)

 

Focus sur la sécurité

RAPPORT D’EVALUATION DE LA GENDARMERIE NATIONALE. BILAN POSITIF DANS LA LUTTE CONTRE LE PHENOMENE DE KIDNAPPING

La Gendarmerie a présenté le rapport d’évaluation de l’exécution des directives politiques et des actions opérationnelles durant les six derniers mois, hier (Madagascar-Laza, p.2). Le cran d’arrêt mis aux actes de kidnapping que ce soit en zone urbaine, qu’en milieu rural a été l’un des résultats mis en avant par le général Richard Ravalomanana, Secrétaire d’État à la Gendarmerie nationale. En effet, si l’année 2018 s’est soldée par un bilan effrayant de 19 cas de rapts enregistrés, cette frénésie criminelle s’est sensiblement calmée depuis l’entrée en scène des nouveaux responsables politiques des Forces de défense et de sécurité (FDS). Près de quarante auteurs principaux des kidnappings seraient en détention préventive. Les deux autres ministres chargés de la défense et de la sécurité au sein du gouvernement, ainsi que le ministre de la Justice ont été présents à l’ouverture des deux jours de cogitation de la Gendarmerie nationale. « Notre présence ici, montre notre cohésion dans la lutte contre l’insécurité et les actions pour l’intérêt général et l’intérêt supérieur de l’État » a déclaré le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale. Après les bérets noirs, ce seront les grands responsables de l’armée qui feront leur rapport, à partir d’aujourd’hui. Ceux de la Police nationale s’y mettront, également vers mi-août. Malgré le bilan positif présenté par la Gendarmerie, L’Express de Madagascar ne peut s’empêcher de s’interroger sur le sort des commanditaires des actes de rapt qui semblent être tranquilles. À titre d’exemple, un présumé cerveau d’une affaire de kidnapping dans la ville de Toamasina a été arrêté l’année dernière à Antsirabe. A la stupeur générale pourtant, il a été libéré de sa détention préventive par une chambre d’accusation de la Cour d’appel de Toamasina, en mars. Il a même été inscrit comme suppléant d’un candidat à la députation dans la circonscription de Fanadiana. Il s’agit pourtant du rare présumé commanditaire à avoir été pris dans les mailles du filet des FDS et de la Justice. Le journal fait d’ailleurs remarquer que les trois corps au sein des FDS échouent généralement à appréhender les commanditaires et à démanteler les réseaux de « bandits en col blanc ». Dans la lutte contre le vol de bovidé, par exemple, la résistance et la puissance de ces réseaux font que leur opération de sécurisation n’aboutisse souvent qu’à des résultats ponctuels (p.3).

 

BASE TOLIARA RECOIT LA BENEDICTION DE L’ASSOCIATION ZANADRIAKA

Un pacte communautaire a été signé, hier, entre les pêcheurs de l’association « Zanadriaka » et le projet Base Toliara. Cette association a longtemps refusé la reconstruction d’infrastructures sur la plage La Batery à Andabohy à la fois zone de pêche d’une centaine de familles de pêcheurs Vezo. Après presque vingt ans de zizanie, les communautés des fokontany d’Anketraka et d’Ambohitsabo, concernées directement par cette crainte de perte d’intérêts des pêcheurs, ont finalement accepté l’entrée de la société minière dans leurs villages. Une cérémonie a été organisée, hier, par les notables des fokontany sur la plage La Batery. Les autorités locales, les directeurs régionaux, les représentants des cinq communes touchées par l’exploitation minière ont été invités afin de servir de témoins à la résolution du conflit traînant. Base Toliara a ainsi eu la bénédiction d’avancer vers la construction de la jetée à Andabohy La Batery. Malgré cette situation, une partie de la population continue de tenir tête contre ce projet d’exploitation d’ilménite. Certains d’entre eux se sont postés non loin de la cérémonie, hier, contemplant la scène. Munis d’armes blanches, ils ont essayé de bloquer le passage des invités. Des éléments des forces de l’ordre ont dû disperser les contestataires. Au final, ils sont restés à distance afin de « surveiller ». Les autorités locales, qui ont en assez que la région soit un cimetière de projets, sont décidés à ne pas se laisser intimider par ces réactions. Selon les explications apportées par Bruno Ramahefarivo, Directeur général de Base Toliara, les travaux de construction débuteront l’année prochaine (L’Express de Madagascar, p.7 ; Midi Madagasikara, p.2).

 

Un peu d’humour

 

L’Express de Madagascar, p.3