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Revue de presse du 16 octobre 2019

Revue de presse du 16 octobre 2019

L’ouverture de la deuxième session ordinaire du Parlement, hier, occupe la rubrique politique des quotidiens parus ce jour. D’autre part, le projet présidentiel Tanamasoandro continue d’alimenter les débats. Et pour cause, lors de leur discours d’ouverture de la session budgétaire d’hier, les présidents respectifs des deux Chambres du Parlement ont donné leur avis sur le sujet.

Foyers de tensions

PROJET TANAMASOANDRO : LES HABITANTS D’AMBOHITRIMANJAKA SAISISSENT LA CNIDH

Hier, une délégation des riverains d’Ambohitrimanjaka, site de la mise en œuvre de la première phase du projet présidentiel Tanamasoandro, est venue déposer une lettre de doléances auprès de la Commission nationale indépendante des Droits de l’homme. Ils estiment que la décision du gouvernement de procéder au remblai de leurs rizières et, ainsi, de les exproprier, viole les fondamentaux des Droits de l’homme. Dans la loi n° 2014-007 portant institution de la CNIDH, en son article 2, il est mentionné que cette Commission reçoit et examine les plaintes et requêtes individuelles ou collectives en matière de violation des Droits de l’homme et recherche un règlement amiable par la conciliation ou les transmet à toutes autorités compétentes le cas échéant. Selon les explications d’un des représentants des habitants, ils iront jusqu’au bout du processus qu’ils trouvent légal et légitime pour protéger leurs terres. Ainsi, après la CNIDH, ils envisagent également de demander l’avis de la Haute cour constitutionnelle sur les droits dont ils doivent jouir en leur qualité de propriétaires. De plus, les riverains d’Ambohitrimanjaka ont rencontré des juristes, dont l’ancien magistrat international Arlette Ramaroson, pour leur demander conseils afin de les aider à mieux s’armer dans leur bataille contre ce projet présidentiel. Le projet Tanamasoandro n’est pas encore sorti de terre que les habitants d’Ambohitrimanjaka se dressent déjà contre sa concrétisation et ne comptent pas faciliter les démarches du gouvernement, souligne Madagascar-Laza, p.3. Lors d’une conférence de presse organisée hier, les riverains d’Ambohitrimanjaka ont annoncé qu’ils vont tenir une grande manifestation samedi prochain pour s’opposer à la concrétisation du projet Tanamasoandro. Ainsi, ils n’entendent pas faire machine arrière et avancent comme argument que ces rizières font vivre les riverains mais approvisionnent également les autres localités. Décidément, le bras de fer entre le pouvoir central et les habitants d’Ambohitrimanjaka est loin d’être dénoué, avance Midi Madagasikara, p.2.

 

LE PROJET TANAMASOANDRO ÉVOQUÉ LORS DE LA CÉRÉMONIE D’OUVERTURE DE LA DEUXIEME SESSION ORDINAIRE DU PARLEMENT

Dans son discours d’ouverture de la deuxième session ordinaire du Parlement, le président du Sénat, Rivo Rakotovao a parlé du projet Tanamasoandro. « Il faut que le dialogue et l’écoute prennent le dessus. Les parlementaires ont un rôle primordial de préserver la paix et la sérénité dans cette situation », a-t-il indiqué, en soulignant que les sénateurs doivent oser livrer leurs opinions pour une gouvernance exemplaire (Madagascar-Laza, p.2). La présidente de l’Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa s’est également intéressée aux préoccupations actuelles qui touchent la vie de la population. Dans son discours d’ouverture de cette session budgétaire d’hier, elle a également évoqué le problème du projet Tanamasoandro. « On ne peut pas empêcher l’Etat de concrétiser l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar. L’Etat ne reculera pas puisqu’il doit réaliser le “velirano” que le Président Andry Rajoelina a prononcé envers le peuple malgache. Mais, le dialogue reste le seul moyen de résoudre les problèmes de remblayage des rizières. L’Etat doit prioriser le dialogue et le consensus », a déclaré le numéro Un de la Chambre Basse. Elle a aussi incité les députés élus au niveau de cette circonscription à poursuivre leurs efforts pour résoudre ce problème dans les plus brefs délais (Midi Madagasikara, p.3 ; Madagascar-Laza, p.3 ; L’Express de Madagascar, p.5 ; Inona no Vaovao, p.2 ; Tia Tanindrazana, p.2).

 

Dynamique politique

SESSION ORDINAIRE DU PARLEMENT : LE PRESIDENT DU SENAT PRONE LE RESPECT SOUS TOUTES SES FORMES

Lors de son discours d’hier à l’occasion de la cérémonie d’ouverture officielle de la session budgétaire au Sénat, le président de la Chambre Haute, Rivo Rakotovao a appelé à la prise de responsabilité de tous les acteurs politiques et à tous les niveaux, notamment les parlementaires et les responsables de l’Exécutif, pour une redevabilité exemplaire vis-à-vis de la population. Il a également lancé un appel au respect de la loi, au respect des institutions et au respect mutuel, qui sont les piliers de la démocratie à Madagascar. Par ailleurs, Rivo Rakotovao a salué la présence de la Présidente de l’Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, au palais d’Anosikely, témoignant ainsi de ce respect mutuel entre les institutions. D’autre part, Rivo Rakotovao a attiré l’attention des politiciens, des dirigeants ainsi que des parlementaires dans l’exercice de leur mission politique ainsi que de leur fonction en tant qu’homme d’Etat. « La politique n’a pas pour essence la destruction. Au contraire, elle a pour vocation de mieux gérer, pour le bien du peuple. Dédouaner les problèmes sociaux à la politique va aussi à contresens de cette aspiration. Est-ce la raison pour laquelle le peuple perd sa confiance en nos politiciens ? », s’est interrogé le président du Sénat. Il a également remercié le gouvernement pour le rallongement de crédit accordé à son institution et d’avoir accéléré la procédure d’autonomisation du statut du personnel du Sénat (Madagascar-Laza, p.2).

VERS LA CREATION D’UNE COMMISSION DE LEVEE DE L’IMMUNITE PARLEMENTAIRE A L’ASSEMBLEE NATIONALE

L’ouverture officielle de la deuxième session ordinaire du Parlement s’est déroulée hier à l’Assemblée nationale. Une session de 60 jours principalement consacrée à l’adoption de la Loi des finances de 2020. D’autres projet de loi seront également traités durant cette session, dont l’examen de la proposition de loi n° 01-2019/PL modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n° 2011-013 du 9 septembre 2011 portant statut de l’opposition, l’étude du projet de loi relatif à la communication médiatisée, celui relatif au statut des apatrides, à la nationalité ou encore le droit d’asile. En outre, cette session sera marquée par la mise en place de la Commission de levée de l’immunité parlementaire au niveau de la Chambre Basse. En effet, le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit l’instauration d’une entité qui tranchera sur les demandes de levée d’immunité parlementaire contre les députés impliqués dans des dossiers judiciaires. A entendre les explications de Christine Razanamahasoa, cette commission sera habilitée à prendre une décision concernant la suspension ou l’emprisonnement d’un député. Les attributions de cette commission ne se limitent pas seulement à la levée de l’immunité parlementaire des députés. Elle serait également apte à trancher sur le cas des membres de la Chambre Basse, placés en détention provisoire. En d’autres termes, elle pourrait faire appel de l’ordonnance de placement en détention ou des mesures restrictives de liberté, à l’encontre des députés. (Midi Madagasikara, p.3 ; Free News, p.2 ; La Vérité, p.3). Le pouvoir actuel veut combattre l’impunité. Comme nul n’est au-dessus de la loi et que nul n’est censé ignorer la loi, il serait logique qu’il n’y ait plus d’immunité lorsqu’un cas de flagrant délit est constaté, affirme Madagascar-Laza, p.3. L’annonce de la mise en place de cette commission intervient au moment où deux membres de la Chambre Basse sont encore maintenus en détention provisoire. Un député faisant partie de la majorité au palais de Tsimbazaza a d’ailleurs confirmé hier que ces cas ont motivé les députés à instaurer une telle commission, confie Les Nouvelles, p.3.

REHABILITATION DE LA RN44 : UN FINANCEMENT DE 65 MILLIARDS D’ARIARY DE L’ETAT MALAGASY

Le président de la République a procédé hier au lancement officiel des travaux de bitumage de la Route nationale n° 44 reliant Moramanga et Ambatondrazaka, durant une cérémonie qui s’est tenue dans la commune de Morarano-Gare. D’après le Chef de l’Etat, le délai prévu pour l’exécution des travaux est de 18 mois. Le coût des travaux de bitumage s’élève à 65 milliards d’Ariary. La mise en œuvre du projet est prévue être financée conjointement par l’Etat malagasy et la Banque mondiale. Cependant, le président de la République a ordonné aux départements ministériels concernés de ne pas attendre le déblocage des fonds mais de débuter les travaux par les fonds propres de l’Etat. Ainsi, dans un an et demi, les 159 kilomètres de route reliant les deux districts seront complètement bitumés. L’objectif étant d’améliorer les conditions de circulation sur la RN44, de promouvoir les activités agricoles au niveau de cette région réputée être le grenier à riz du pays, et de booster les secteurs touristiques et industriels de ladite région, d’améliorer les conditions de vie de la population locale, de faciliter le transport des produits d’exportation et des richesses de l’Alaotra-Mangoro, et de fluidifier la circulation des biens et des personnes. En revanche, la portion Vohidiala-Marovoay commencera l’année prochaine. Le Chef de l’Etat a profité du lancement des travaux pour effectuer plusieurs visites dans le district d’Ambatondrazaka. Il a notamment visité le Centre hospitalier de référence régional d’Ambatondrazaka, la centrale de la JIRAMA et la coopérative Haivy-Lac, une coopérative spécialisée dans la fabrication de matériels agricoles, ayant participé au projet FIHARIANA. D’après le communiqué de la Présidence de la République, le locataire d’Iavoloha a donné des consignes fermes pour que le CHRR d’Ambatondrazaka soit entièrement rénové et équipé aux normes. D’autre part, plusieurs réformes devront également être effectuées auprès de la JIRAMA, notamment la délocalisation de la centrale en dehors de la ville et la révision des contrats d’approvisionnement. Le président de la République a également fait part de sa volonté d’aider les artisans dans le perfectionnement de leurs produits et leurs recherches ainsi que dans l’obtention de leurs brevets (Midi Madagasikara, p.3 ; L’Express de Madagascar, p.3 ; Les Nouvelles, p.2. Madagascar-Laza, p.2 ; Free News, p.3 ; Inona no Vaovao, p.4; Tia Tanindrazana, p.4).

LA CHAINE SPECIALE DE LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE BOIS PRECIEUX PEINE A FONCTIONNER

Plus d’un an après sa mise en place, la Chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois précieux semble fonctionner au ralenti, remarque Les Nouvelles. En effet, à part l’instruction de l’affaire Bekasy, aucune nouvelle n’a été communiquée par rapport aux soixante-dizaine de dossiers traités par cette juridiction spécialisée, souligne le quotidien. A entendre la déclaration du ministre de la Justice, Jacques Randrianasolo hier, cette lenteur serait due à l’insuffisance de budget permettant aux membres de fonctionner. « Cette Cour spéciale est toujours fonctionnelle, mais nous ne savons pas jusqu’à quand en raison du manque de financement. Sans budget, il est impossible que ses membres puissent exercer convenablement leurs fonctions, qui, notons-le, nécessitent des déplacements dans les régions concernées par le trafic », a expliqué le Garde des Sceaux. Selon toujours le ministre, le blocage viendrait du ministère de l’Environnement qui serait réticent à octroyer un financement à la Chaîne spéciale. A cet effet, des discussions entre son département et celui de l’Environnement seront engagées afin que cette juridiction puisse fonctionner, rassure Jacques Randrianasolo (Les Nouvelles, p.2).

Communauté internationale

DIPLOMATIE : LE PREMIER MINISTRE EN MISSION OFFICIELLE AUX COMORES

Une délégation malgache conduite par le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères par intérim, Christian Ntsay, a atterri à Beit-Salam, aux îles Comores, dans l’après-midi du 14 octobre, pour participer à la première réunion de la commission mixte entre Madagascar et les Comores. D’après le communiqué de la Primature, il s’agit aussi d’une visite d’amitié, de fraternité et de respect mutuel entre les deux pays. Dès son arrivée, la délégation malgache a été reçue par le Président comorien, Azali Assoumani. A l’issue de la rencontre, le Premier ministre malgache a souligné que c’est la première fois qu’une commission mixte Comores-Madagascar tient une réunion pour passer en revue toutes les questions d’ordre relationnel, auxquelles des solutions appropriées devraient être apportées. Le Premier ministre a également affirmé qu’eu égard à la proximité géographique et au lien de sang, il est difficile de différencier le peuple malgache de celui des Comores. Aussi, il est nécessaire de miser ensemble pour l’émergence de Madagascar et des Comores, puisque les deux pays aspirent à de grandes étapes du développement, essentiellement sur le plan économique, commercial, sur la tradition, la culture ou encore dans le domaine du sport. (Madagascar-Laza, p.2 ; Midi Madagasikara, p.2 ; Free News, p.3 ; Tia Tanindrazana, p.3). Le Premier ministre Christian Ntsay a également indiqué que les deux pays envisagent la signature prochaine d’un accord bilatéral de travail pour protéger davantage les ressortissants respectifs contre le fléau de traite des êtres humains (Les Nouvelles, p.3).

Un peu d’humour

L’Express de Madagascar, p.3